À l’issue du conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement a indiqué que la population libanaise, confrontée à une importante hausse des prix, a le droit de connaitre l’origine de l’effondrement de la parité de la livre libanaise face au dollar.

Des discussions avec la Banque du Liban auraient également lieu avec pour objectif d’injecter les liquidités suffisantes pour stabiliser la Livre Libanaise, indique la Ministre.

Les enquêtes en cours à ce sujet, allusion à celle entreprise par le procureur financier, le juge Ali Ibrahim qui a déjà arrêté le président du Syndicat des Agents de Change au Liban et sur fond de rumeurs d’une implication du gouverneur de la Banque du Liban lui-même, seraient en cours. Selon Manal Abdel Samad, ces enquêtes devraient se poursuivre. Elle rassure également, aucune interférence politique n’a lieu, avant de poursuivre estimant que la population a le droit d’en connaitre les résultats.

Pour rappel, la livre libanaise s’est effondrée face au dollar alors que les marchés financiers locaux sont très perturbés par le refus des banques à fournir des billets verts suite à l’instauration d’un contrôle des capitaux informel depuis novembre 2019. L’intervention de la Banque du Liban en vue de soutenir la livre libanaise semble également avoir échouée, avec une parité de la monnaie locale face au dollar dépassant le seuil des 4000 LL/USD au marché noir. La parité officielle est, elle, toujours de 1507 LL/USD.

L’unification des taux de parité serait une des conditions sine qua non à l’aide du Fonds Monétaire International qui exigerait par ailleurs un détail des comptes de la Banque du Liban. le gouvernement libanais a déjà demandé à 3 cabinets internationaux d’auditer les comptes de la banque centrale dont la gestion est de plus en plus critiquée. Le FMI s’était montré par exemple très sévère dès 2016, face aux opérations d’ingénierie financière menées par le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, fournissant 16 milliards de dollars de profits pour les banques privées pour un coût de 21 milliards de dollars pour la BDL.

Face à un état de défaut de paiement annoncé dès mars, la dette publique atteignant 92 milliards de dollars, les banques libanaises et la BDL feraient face à des pertes abyssales dont les estimations dépasseraient les 100 milliards de dollars, estiment certains experts.

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