Dans un pays largement impacté par la crise économique, de la faute, non pas du peuple mais des différents gouvernements et autorités qui se sont succédés depuis la fin de la guerre civile en ayant à la fois mal géré et la politique économique avec un taux d’endettement atteignant aujourd’hui 150% du PIB et la politique monétaire, en n’ayant jamais arbitré depuis l’instauration du PEG entre livre libanaise et dollar ce qui abouti à une monnaie nationale surévaluée, le gouvernement envisage de créer de nouvelles taxes, comme la Taxe WhatsApp, du nom de ce fameux service de télécommunication pourtant gratuit.

Cette décision vise à quelque peu réduire le déficit public en générant, selon les chiffres disponibles, 216 millions de dollars supplémentaires pour les caisses de l’état.

Le plus ridicule dans cette affaire, si on en vient à considérer cet aspect, est que ce ministre, Mohammad Choucair, pour le nommer a décidé de l’achat d’un immeuble au centre-ville en faveur de la compagnie MTC pour la modique somme de 100 millions de dollars, tout en refusant de se présenter devant la commission parlementaire en charge des télécommunication pour répondre aux interrogations légitimes quant à cet achat par ces temps d’austérité et de crise économique. Il refuse de facto aussi, à se présenter devant le parquet financier avec ses prédécesseurs Jamal Jarrah et Boutros Harb dans le cadre de l’attribution de contrats sans appels d’offres par le Ministère des Télécommunications et par rapport à l’emploi de personnels alors que les autorités libanaises avaient décidé d’un moratoire sur l’embauche entre 2017 et 2018.

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Cependant, on peut rester quelque peu circonspects face aux idées « fabuleuses » de nos fonctionnaires qui ne semblent pas avoir pris en compte que l’imposition de nouvelles taxes sur une économie en quasi-récession, pourrait au contraire encore plus réduire la croissance économique et donc encore plus aggraver le déficit public dans l’état dans lequel nous nous trouvons. Tous les signaux économiques, ratios etc… sont au rouge à part dans le secteur touristique.

Cela est aussi le cas du Peuple Libanais qui souffre, jour après jour, de la crise économique. Nous devons créer de la Richesse et non la détruire.

Puisque l’état semble considérer les demandes des pays donateurs de CEDRE à ce que les déficits soient diminués au lieu des aspirations de sa population, autant le dire puisqu’il semblerait qu’ils ne l’ont pas compris: 
Les Pays donateurs de CEDRE souhaitent créer de la croissance par des investissements et non qu’elle soit amoindrie par de nouvelles taxes. Cela est aussi le cas du Peuple Libanais qui souffre, jour après jour, de la crise économique. Nous devons créer de la Richesse et non la détruire.

De nouvelles taxes qui pourraient nuire à la lutte contre les déficits

Il conviendrait presque d’adresser à nos responsables politique une leçon de base en économie:
L’introduction de nouvelles taxes pourrait au contraire réduire la consommation des foyers, réduire l’investissement privé alors que l’état réduit lui-même ses dépenses par sa politique d’austérité. En réduisant l’activité économique par ces taxes, l’état pourrait au contraire aggraver ses déficits publics

En effet, la dette publique continue à croître même si des progrès font état de réduction des déficits budgétaires, parce que l’état n’honore plus ses factures. Il faut au contraire stimuler notre économie et c’est par la création de richesse donc par l’augmentation du PIB qu’on pourrait réduire les ratios d’endettement public.

On serait tenté de finir par croire que l’état recherche par tous les artifices, à faire croire à la réduction de déficits nécessaires à l’obtention de CEDRE. Sauf que les Pays donateurs de CEDRE exigent des réformes pour permettre la relance économique et non pas de nouvelles taxes qui pourraient nuire à cette même croissance économique, des réformes visant à réduire la gabegie des administrations publiques et à lutter contre la corruption.

Ce n’est pas la bonne méthodologie pour obtenir le prêt de 11 milliards de dollars qui devraient également servir à stimuler l’activité économique et non à la contrecarrer.

On irait jusqu’à penser que nos spécialistes qu’ils soient au sein des ministères et des administrations publiques ne possèdent pas même la compétence d’un étudiant en économie de premier niveau.

Des évolutions du secteur de télécommunication ignorées par l’Etat

À propos de compétence, c’est aussi mal connaitre les évolutions dans le secteur de la communication, ces dernières années, dans la plupart des pays développés (et même ailleurs), les communications locales étant même devenues gratuites, les revenus étant constitués par l’abonnement en lui-même et les services annexes, Internet, Box-TV, abonnements à des chaines de télévision, etc…

Au Liban, c’est jugement parce que le modèle économique de ce secteur d’activité ne s’est pas adapté à cette nouvelle donne technique que la population locale ou les entreprises ont fini par adopter des alternatives, par exemple, des services téléphoniques VOIP gratuits comme WhatsApp ou Skype.

Qui en est le principal responsable, si ce n’est l’état lui-même. Il aurait fallu qu’il accompagne ces changements et non qu’il lutte contre eux, à contre-courant au risque de nuire à l’économie.

L’investissement dans l’infrastructure de communication est un facteur clé aujourd’hui en terme de croissance économique. Il s’agit plutôt pour l’état de trouver un nouveau business-model pour générer du cash flow via de nouveaux services comme par exemple, la commercialisation de services TV à la place des cables de quartiers, ou encore améliorer les services internet aux entreprises et notamment aux startups qui pourraient ainsi générer de la croissance économique.
Faut-il rappeler que c’est justement en raison de l’absence de ces infrastructures modernes et d’une politique économique visant à favoriser ce genre d’initiative entrepreneuriales que le Liban a reculé en 2018, de 9 places dans le classement des pays les plus innovants dans le Monde.

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Et pourtant le Liban était un pays assez avancé dans les années 1990

Pourtant, on était précédemment bien placé: le Liban était l’un des premiers pays disposant d’une technologie 2G au Monde à l’époque, Cellis, filiale de France Télécom (devenu aujourd’hui Orange) ayant utilisé le Pays des Cèdres comme test grandeur nature pour le déploiement en condition réelle d’un tel réseau.

Près de 10% de la valeur du PIB dans les années 90 était lui-même lié à l’installation de la première génération des réseaux mobiles MIC1 et MIC, aujourd’hui MTC et Alfa, donc un facteur plus encore déterminant que le programme de reconstruction en lui-même d’une économie qui sortait à l’époque de la guerre civile, un contributeur important à la croissance économique d’alors qui était allée jusqu’à atteindre 9% alors qu’il n’est que de 0.2% aujourd’hui de l’aveux du FMI.

C’est plutôt à cela que nous nous devons de revenir, à devenir un pays d’innovation et non un pays qui recule.

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