La mort comme projet politique
Cette tribune analyse comment une logique sacrificielle peut transformer la mort en projet politique, affaiblir la souveraineté, bloquer l’économie et enfermer le Liban dans la guerre permanente. Elle oppose à cette dérive une stratégie de reconstruction fondée sur la vie, l’État, la justice, la neutralité et la prospérité durable commune.
Finul : un deuxième soldat français meurt
Le caporal-chef Anicet Girardin, soldat français de la Finul grièvement blessé lors de l’attaque du 18 avril dans le sud du Liban, est mort mercredi 22 avril après son rapatriement en France. Sa mort porte à deux le nombre de militaires français décédés à la suite de cette embuscade, après Florian Montorio, tué sur place. Paris continue d’accuser le Hezbollah, qui dément toute implication. Au Liban, le président Joseph Aoun, le premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre Nabih Berri ont condamné l’attaque, tandis que l’armée affirme poursuivre son enquête sans avoir annoncé, à ce stade, ni arrestation ni identification publique des assaillants.
Baabda durcit le ton avant Washington
Le président Joseph Aoun a, le 22 avril, articulé en quelques heures la doctrine de l’État libanais pour la phase actuelle : fermeté sécuritaire à l’intérieur, refus de toute atteinte à la paix civile, et défense d’une ligne de négociation sans concession sur la souveraineté à Washington. En demandant des descentes contre les stocks d’armes, l’interdiction des démonstrations armées et un renforcement du déploiement sécuritaire, tout en chargeant l’ambassadrice Nada Hamadé Mouawad de réclamer une extension du cessez-le-feu et l’arrêt des démolitions israéliennes, il a cherché à montrer que Beyrouth veut reprendre l’initiative sans se laisser enfermer dans ses fractures.
Beyrouth cherche du temps avant le saut vers des négociations directes
Le Liban officiel cherche à prolonger une trêve fragile avant d’entrer dans des négociations directes avec Israël. Entre pressions américaines, dépendance au dossier irano-américain, destructions continues au Sud et activisme diplomatique de Paris, Riyad, Doha et Washington, Beyrouth tente surtout d’éviter une rechute immédiate dans la guerre sur le terrain.
Négociations à Washington : Beyrouth cherche un contrepoids français
À la veille de nouvelles négociations à Washington entre le Liban et Israël, Emmanuel Macron a promis à Nawaf Salam que la France aiderait Beyrouth à préparer sa position, même sans siéger directement à la table. Cet appui n’a rien de symbolique. Dans un moment où les États-Unis tiennent le format, où Israël conserve l’avantage militaire et où le Liban arrive affaibli par la guerre, Paris peut encore jouer un rôle utile : clarifier les lignes rouges libanaises, réintroduire les questions de souveraineté, de retrait israélien et de protection des civils, et éviter que la négociation ne se réduise à un agenda exclusivement sécuritaire.
Marchons-nous vers la ruine de nos économies comme des somnambules ?
Dans cette tribune, Henri Ramoneda relie les accords de Téhéran de 1943, l’effacement du rôle soviétique dans la Seconde Guerre mondiale, le soft power américain et les guerres récentes pour alerter sur une dérive idéologique qui conduirait les économies occidentales vers l’appauvrissement, la dépendance stratégique et une mémoire tronquée durable.
Aide humanitaire au Liban : l’alerte de Nawaf Salam à Paris
Depuis Paris, le premier ministre libanais Nawaf Salam a lancé un appel d’urgence de 500 millions d’euros pour faire face à la crise humanitaire provoquée par le conflit israélo-libanais. Derrière ce montant, il ne faut pas voir un plan de relance, mais une tentative de stabilisation minimale d’un pays déjà affaibli par la crise financière, la fragilité de ses services publics et l’ampleur des déplacements internes. Le Liban cherche moins à se reconstruire qu’à empêcher une nouvelle phase d’effondrement social, territorial et politique.









