La réunion du conseil des ministre au Palais Présidentiel de Baabda, le 22 février 2019. Crédit Photo: Dalati & Nohra
La réunion du conseil des ministre au Palais Présidentiel de Baabda, le 22 février 2019. Crédit Photo: Dalati & Nohra

Les divisions entre les différents partis politiques sont parues au grand jour lors de la réunion du Conseil des ministres qui s’est tenue ce jeudi. Le Président de la République a cependant félicité le nouveau gouvernement pour avoir obtenu la confiance du Parlement.

Le gouvernement a cependant entériné la plupart des dossiers à l’ordre du jour.

Le Conseil des Ministres était présidé par le chef de l’état, le général Michel Aoun. Ce dernier s’est adressé à ses ministres pour évoquer les relations libano-syriennes et le dossier des réfugiés syriens présents au Liban. Le chef de l’état avait précédemment rappelé son combat contre l’occupation syrienne durant la guerre civile et son exil en France jusqu’à son retour en 2005.

« Je vous dis franchement que les Etats étrangers ne veulent pas accueillir de réfugiés, ils ne nous permettent pas de les ramener chez eux. Comment est-ce possible? Je n’accepte rien qui nuit aux intérêts du Liban », a indiqué le Général Michel Aoun.

« Je n’accepte pas d’avoir sur mon sol ce nombre considérable de personnes déplacées (…) Comment pouvons-nous éventuellement coordonner le transfert de 1,5 million d’individus sans communiquer avec l’État syrien? »a estimé le chef de l’état qui soulignait alors la nécessité de coordonner les actions du Liban avec la Syrie pour permettre le retour de ces réfugiés, avant d’indiqué être conscient de l’intérêt supérieur du Liban.

« c’est moi qui le détermine, car c’est moi qui le contrôle et c’est ma compétence », a déclaré le général Aoun, rappelant les prérogatives constitutionnelles de la Présidence de la République.

Le chef de l’état a indiqué avoir « établi un équilibre national afin de rétablir la stabilité et de reconstruire le Liban »,

Il a conclu le discours à ces ministre soulignant sa conception de l’intérêt supérieur national et sa responsabilité envers la population libanaise.

Ces déclarations interviennent alors que le ministre en charge du dossier, Sahel Gharib s’était rendu à Damas à l’invitation des autorités syriennes. À son retour, il a été tancé par le Premier Ministre Saad Hariri pour son initiative. Ce dernier estimait que cette visite contredisait la politique de dissociation du Liban par rapport aux conflits régionaux.

Le Président de la République a désavoué indirectement son Premier Ministre, estimant que communiquer avec la Syrie est nécessaire au retour des réfugiés syriens avant de clore la réunion.

Ce mercredi déjà, le Président de la République s’était exprimé sur Twitter, refusant de lier la question du retour des réfugiés à une solution politique en Syrie, s’interrogeant par ailleurs sur l’attitude de certains pays qui discutent actuellement avec Damas tout en critiquant le Liban sur ce dossier.

Le Ministre des Finances Ali Hassan Khalil a également estimé que la normalisation des relations avec la Syrie serait bénéfique au Liban.

S’exprimant devant la presse, la ministre en charge du développement administratif, May Chidiac, par ailleurs représentant les Forces Libanaises au sein du gouvernement Hariri III, a estimé que le Premier Ministre n’était pas en faveur d’une normalisation des relations entre les 2 pays. Elle a toutefois reconnu que seuls le Président de la République, le Premier Ministre et le Ministre des Affaires Etrangères ont le droit de parler au nom du Pays des Cèdres.

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