Décidemment l’adoption du budget 2019 par le Conseil des Ministres, qui a l’origine a se faire il y a de cela 2 semaines, fait attendre. Promis pour ce lundi, puis ce mardi, c’est finalement ce vendredi que les autorités indiquent que le projet pourrait être soumis au vote des ministres … sauf imprévu qu’on pourrait qualifier paradoxalement d’habituel. 

Les mesures d’austérité publique auraient ainsi atteint près de 1 milliards de dollars par rapport au budget 2018. Cependant, peu de détails filtres sur les détails de ces mesures. 

Parmi les principales mesures connues visant à réduire ce déficit:

Le montant initial du budget 2019 était de 17.13 milliards de dollars. 
Pour l’heure, on ignore le montant exact des sommes qui seraient économisées.

  • la mise en place d’un plan de réforme notamment dans le secteur de la production d’électricité, 
  • l’augmentation des taxes sur les intérêts bancaires qui passent ainsi de 7% à 10%, 
  • l’instauration de nouvelles taxes sur la consommation des narguilé ou les vitres teintés des véhicules privés, 
  • des restrictions au niveau du nombre de mois de salaires de certains fonctionnaires qui bénéficierait de 16 mensualités, elles seraient ainsi réduites à 14 ou 12 selon leurs catégories
  • l’augmentation de 2% des taxes sur les produits importés à l’exception des médicaments et de certains produits industriels
  • ou encore la souscription par la Banque du Liban d’obligations à 1% de taux d’intérêt, en-deçà donc des taux du marché afin de financer le trésor public. Cette mesure est cependant conditionnée à la coopération entre banques privées et la Banque Centrale

Un délai supplémentaire en raison des propositions de Gébran Bassil afin de limiter le déficit public à 7% du PIB dès cette année

Cette fois-ci, le Conseil des Ministres aurait repoussé sa décision à ce vendredi suite aux 12 propositions du Ministre des Affaires Etrangères Gébran Bassil, pour réduire les déficits publics à 7% voir moins. Le Ministre des Finances Ali Hassan Khalil se serait opposé à l’instauration d’un délai supplémentaire, estimant que le Pays des Cèdres est à court de temps. 
Le Premier Ministre Saad Hariri se serait également heurté à son ministre des AF, estimant que de telles propositions aboutiraient à une révolution sociale. 

Il aurait cependant accordé à ses ministres un délai jusqu’à vendredi pour les examiner. 

Selon la presse libanaise, le Ministre des AF – qui a réussi à diminuer de 10 millions de dollars, les dépenses de son propre ministre – aurait suggéré diverses mesures concernant les dépenses allouées au Ministère de la Défense ou encore celui de l’Intérieur, des affaires sociales, de la santé et de la jeunesse et des sports.  

Il aurait estimé que l’abolition du Ministère des Déplacés pourrait être également être à l’ordre du jour.  

Gébran Bassil aurait également demandé à ce que la Banque du Liban soit soumise à une taxe de 10% sur les intérêts bancaires identiques aux établissements commerciaux. 

Il aurait demandé à ce que soit instauré un plafond maximal aux indemnités dévolues à l’éducation des enfants des fonctionnaires, le renvoi des fonctionnaires illégalement embauchés en violation de la loi 46, la fermeture des points de passage illégaux au niveau des frontières libanaises, la lutte contre l’évasion fiscale, ainsi que de nouvelles taxes sur les yachts ou le sable et le gravier extrait des carrières. 

Contenir le déficit public, un préalable à l’aide économique stipulée par CEDRE

Pour rappel, l’adoption du budget est une condition préalable à la libération des 11 milliards de dollars d’aide économique promis au Liban lors de la conférence CEDRE d’avril 2018.  

Il s’agit de contenir, voir de diminuer le déficit budgétaire alors que la dette libanaise atteindrait plus de 150% du PIB. 

L’étude du budget 2019 se passerait ainsi sous les yeux attentifs de la communauté internationale en raison des échecs des précédentes conférences Paris I, II et III, les gouvernements d’alors n’ayant pas respecté leurs engagements notamment sur le dossier des réformes économiques. 

L’aggravation des déficits budgétaires avait été à l’origine de la dégradation des notes des obligations libanaises par des agences de notation dont Moody’s rendant plus difficile le financement de l’état. 

Pour les autorités libanaises, il s’agirait de contenir dès cette année, le déficit public à 7.5% du PIB. Cette promesse pourrait s’avérer comme pieuse, le budget 2018 prévoyait déjà un déficit atteignant seulement 3.7 milliards de dollars.

Au final, le déficit a été estimé à 6.7 milliards de dollars soit plus de 11% du PIB. En 2019, il s’agira de le maintenir à 4.6 milliards de dollars par une diminution des dépenses pour un montant de 1 milliards de dollars et une augmentation des revenus par 1.2 milliards de dollars. 

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