Le juge d’instruction de la cour militaire, Najat Abu Shakra, a débuté l’interrogatoire d’un ancien officiel de l’ALS, milice pro israélienne, Amer el Fakhoury. Il s’agira notamment de déterminer son rôle dans les actes de torture et la mort de certains détenus de la prison de Khiam ainsi que ses liens avec l’État hébreu.

Selon certaines informations, les autorités libanaises ont refusé à une délégation de l’ambassade américaine d’accéder au prisonnier, ce dernier étant également détenteur d’un passeport américain.

Cette nouvelle intervient alors que plusieurs dizaines de plaintes déposées par 34 avocats et 10 anciens détenus de la prison de Khiam ont déposé plainte à son encontre.

L’arrivée au Liban d’Amer el Fakhoury la semaine dernière a déclenché une vive polémique. En effet, ce dernier, en dépit d’avoir été condamné à 15 ans de prison par contumace, avait réussi à passer les différents contrôles de sécurité de l’aéroport international de Beyrouth. Certaines sources judiciaires indiquent que les mandats d’arrêts auraient périmés après 20 ans, en raison des délais de prescriptions.

Ancien responsable de la prison de Khiam, Amer el Fakhoury aurait quitté le Liban peu avant le retrait israélien du Sud en 2000. Il se serait rendu ensuite aux Etats-Unis où il aurait obtenu la green card.

Les autorités israéliennes avaient ainsi transformé en une prison clandestine et un centre de torture en 1984, une ancienne caserne de l’Armée Libanaise. Officiellement, cette prison était sous le commandement des officiers de l’Armée du Liban Sud.

Pour rappel, entre 1985, jusqu’au retrait israélien d’avril 2000, la prison de Khiam aurait été sous sa responsabilité. Plus de 5000 personnes auraient alors été emprisonnées sous son commandement. Au moins 10 d’entre eux seraient morts en détention.

L’état hébreu a rejeté toute implication dans le fonctionnement de cette prison en dépit des témoignages d’anciens détenus qui ont pu apercevoir des officiers ou fonctionnaires israéliens dans la prison. Lors du retrait israélien du Sud Liban en 2000 et suite à l’effondrement de l’ALS, alors que la plupart des anciens geôliers n’ont pas subi d’actes de représailles, ayant été pardonnés après s’être volontairement rendus à la mosquée de Khiam sur l’appel des autorités chiites, une minorité, parmi les personnes les plus impliquées ont préféré se réfugier en Israël.

Amer el Fakhoury, interrogé par la Sûreté Générale, aurait déjà admis avoir travaillé pour Israël.

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