Face à l’épuisement des réserves monétaires disponibles dont il ne reste plus que 800 millions de dollars aujourd’hui, le gouvernement libanais a décidé de recommander la levée de certaines subventions, tout en maintenant d’autres, indiquent plusieurs sources. Cette décision aurait été prise suite au refus du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, présent au cours de cette réunion à toucher aux 17.6 milliards de dollars de réserves obligatoires de la Banque du Liban.

Pour l’heure, le programme de subvention coûtait à la Banque du Liban une somme estimée de 500 à 700 millions de dollars mensuellement. Il visait à financer l’achat principalement de produits considérés comme étant de première nécessité dont la farine, les médicaments ou encore les carburants pour être ensuite étendue à plus de 200 articles également considérés comme essentiels.

Cependant, l’épuisement des réserves monétaires disponibles pourrait de toute manière conduire à son arrêt, faute de fonds, alors que se multiplient les mises en garde tant sur le plan interne que sur le plan international. Des agences internationales ont notamment estimé craindre une réduction des subventions sans mise en place d’un programme de sauvetage social au bénéfice des personnes les plus défavorisées.

Pour l’heure, les autorités envisageraient le maintien des subventions à la farine nécessaire à la fabrication du pain – mais pas des pâtisseries – ou encore des médicaments pour les maladies chroniques. Les boulangers ont déjà réagi anticipant une hausse possible des prix après que le ministère de l’économie ait décidé de n’acheminer que la quantité de farine nécessaire à la fabrication seule du pain aux différents établissements. Les autorités libanaises accusent en effet certains marchands dont les boulangers d’avoir usé des stocks disponibles de blé pour des produits différents et non couvert par le programme de subvention, allant jusqu’à doubler leurs bénéfices au dépend de la population.

Des discussions seraient également en cours concernant le prix des carburants. Si le prix du diesel devrait être maintenu, le prix de l’essence sans plomb devrait augmenter, passant de 25 000 LL environ pour le bidon de 20 litres à 40 000 LL, un prix déjà atteint par le passé en dépit des subventions.

La mise en place d’une carte de rationnement en faveur de 600 000 familles ,qui pourraient ainsi directement bénéficier d’une aide sans maintenir le programme de subvention pour les autres, a été pour l’heure écartée, en raison des échecs précédents à le mettre en place. Si le gouvernement Hassan Diab avait tenté, déjà, par le passé à y procéder, la désignation des bénéficiaires a été fortement impactée par un clientélisme local. Ainsi, certaines personnes avaient alors été désignées par les autorités locales et municipalités comme étant personnes vulnérables sans l’être tandis que les personnes vulnérables étaient laissées de côté, provoquant ainsi son échec.

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