En dépit d’un optimiste affiché ces derniers jours, aucune solution au bras de fer entre différents partis libanais n’a pu être adoptée afin de permettre au gouvernement de se réunir. En cause, l’absence de compromis légal à l’incident de Qabr Chamoun.

Ainsi, le Président du Parti Démocratique Libanais (PDL) Talal Arslan, à l’issue d’un entretien avec le Président de la Chambre Nabih Berry, a mis en garde contre des actes de vengeance de la part des proches des victimes, si les autorités libanaises refusent de soumettre l’enquête au Haut Conseil Judiciaire, prenant à contre-pied le dirigeant du PSP, Walid Joumblatt qui refuse tout compromis sur la question.

Talal Arslan a également estimé honteux que l’état ne puisse prendre en compte la gravité de l’incident qui avait fait, pour rappel, 2 morts, parmi les gardes du corps du Ministre en charge des déplacés syriens Saleh Gharib, un de ses proches.

Concernant la question de la réunion du gouvernement qui n’a pas pu avoir lieu depuis le 2 juillet, le responsable politique s’est pas déclaré opposé à la tenue du conseil des ministres. Il a cependant appelé à ce que le gouvernement puisse soumettre à un vote pour déférer l’affaire devant l’institution judiciaire. Talal Arslan a mis en garde contre le refus de certains ministres, “qui porteront la responsabilité de ce qui s’est passé et de ce qui arrivera à l’avenir”.

Pour rappel, le cabinet ne s’était plus réuni en dépit d’échéances importantes depuis début juillet. En cause, la polémique entre les différents partis libanais au sujet de l’institution en charge de juger ces personnes, le dirigeant du Parti Démocratique Libanais, appuyé par le CPL et le Hezbollah, exigeant à ce que les auteurs soient déférés devant la haute cour de justice, chose refusée par Walid Joumblatt qui souhaitait que le dossier puisse être jugé par une cour ordinaire, soutenu par ses alliés dont le Premier Ministre Saad Hariri, Amal et les Forces Libanaises.

La sortie de crise est du fait de l’initiative du Président de la République, le Général Michel Aoun, qui a suggéré à ce que l’affaire puisse être déférée devant le Tribunal Militaire. Dès hier soir, le Hezbollah a appuyé cette proposition.

Les versions de l’incident, toujours divergentes entre protagonistes

Ainsi, le convoi du Ministre des AF Gébran Bassil avait été bloqué au niveau de la même localité par les sympathisants du PSP. Il avait alors fait demi-tour en raison de la possibilité d’incidents sécuritaires. Selon le Ministre de la Défense, des informations de ses services avaient relevé la présence d’armes dans les voitures des manifestants pro-Joumblatt. Suite à ce blocage du convoi du Ministre des AF qui devait initialement retrouver son homologue en charge de la question des réfugiés syriens originaire de la localité de Kfar Matta, ce dernier souhaitait se porter à sa rencontre.

Rapidement, des rumeurs ont circulé parmi les manifestants sur la possible présence de Gébran Bassil dans la voiture de Salah Gharib. Le Ministre Sahel Gharib a accusé les manifestants d’être à l’origine d’une tentative d’assassinat. Ces derniers, selon Saleh Gharib auraient ouvert le feu au passage de son convoi. Son véhicule a d’ailleurs été touché de plusieurs balles.

Pour sa part, des personnes affiliées au PSP accusent les gardes du corps du Ministre Saleh Gharib d’être à l’origine des premiers coups de feu, faisant écho aux propos du Ministre de l’éducation Akram Chehayeb.

Akram Chehayeb avait également indiqué que les propos précédents de Gébran Bassil nuisaient à l’entente de la montagne dans une interview diffusée par les chaines de télévision locale, et notamment à la coexistence entre chrétiens et druzes, l’accusant d’avoir provoqué ces incidents.

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