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Les dirigeants de la Jamal Trust Bank auraient choisi de liquider l’établissement bancaire suite aux sanctions américaines, a annoncé le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé.

Il s’agira désormais, pour la Banque du Liban, de nommer un liquidateur qui sera en charge de la cession de la totalité des actifs de l’entreprise et de rembourser les clients et les créanciers de l’établissement. Ce processus peut prendre plusieurs années.

Les sanctions américaines interdisent à l’établissement mentionné d’accéder au système d’échange financier, lui permettant, par exemple de communiquer avec les autres banques. Cela gèle l’activité de la dite-banque ou établissement financier. Par ailleurs également, cela ne lui permet également pas d’accéder aux informations nécessaires à la gérance des fonds dont il a la charge outre le fait que ces derniers peuvent être gelés, notamment quand ils sont placés aux USA.

La Jamal Trust Bank était donc dans l’incapacité à remplir son rôle auprès de sa clientèle.

Cette annonce de dissolution de la Banque intervient en dépit du rejet par ses dirigeants des accusations américaines selon lesquelles elle aurait conduit des opérations financières pour le compte du Hezbollah.

Pour l’heure, on ignore si ce processus de liquidation concerne également les filiales également visées par ces sanctions américaines, à savoir, la Trust Insurance S.A.L., la Trust Insurance Services S.A.L., et aussi la Trust Life Insurance Company S.A.L.

La Jamal Trust Bank accusée de participer aux activités financières du Hezbollah

Selon le sous-secrétaire d’état du Trésor Américain en charge des affaires terroristes, Sigal Mandelker avait accusé la banque d’avoir participé aux activités finances du Hezbollah, le 30 août dernier:

Le Trésor vise Jammal Trust Bank et ses filiales pour permettre aux activités financières du Hezbollah de se livrer à des activités effrontées. Les institutions financières corrompues telles que Jammal Trust constituent une menace directe pour l’intégrité du système financier libanais. Jammal Trust fournit un soutien et des services au Conseil exécutif du Hezbollah et à la fondation des Martyrs, qui versent de l’argent aux familles des kamikazes

Un précédent: L’affaire de la Lebanese Canadian Bank en 2011

Ce n’est pas la première fois que des sanctions américaines visent une banque libanaise. Déjà en 2011, la Lebanese Canadian Bank avait choisi d’être rachetée par un concurrent.

L’établissement était également accusé par le Trésor Américain de blanchiment d’argent lié à un trafic de drogue et à des liens avec le mouvement chiite Hezbollah, organisation considérée comme terroriste par les USA.

L’établissement bancaire libanais se fera finalement racheter pour un montant estimé entre 500 à 600 millions de dollars par la Société Générale de Banque au Liban (SGBL). L’affaire s’était définitivement close en 2013 , après que les nouveaux propriétaires aient payé 102 millions de dollars comme amende aux administrations américaines et notamment à la FDA et au Trésor Américain.

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