Les autorités française ont haussé le ton après plus de 7 mois après que le premier ministre désigné Saad Hariri ait été nommé en vue de former un nouveau gouvernement devant les ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne.

Ainsi, le ministère des affaires étrangères français a indiqué avoir contacté le président de la république, le général Michel Aoun, le premier ministre désigné Saad Hariri et le Président de la Chambre Nabih Berri pour cesser “l’obstruction délibérée” du processus de formation du prochain gouvernement.

Pour rappel, le président de la république Française, Emmanuel Macron, avait déjà indiqué, le 18 mars dernier, que la communauté internationale adoptera un changement d’attitude et de méthodes vis-à-vis du Liban, allusion peut-être aux rumeurs faisant état de l’instauration de sanctions économiques visant certains dirigeants libanais. 

Le communiqué du Quai d’Orsay

Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, s’est entretenu avec le Président de la République libanaise Michel Aoun, le Président du Parlement Nabih Berri et le Président désigné du Conseil des ministres Saad Hariri. Le Ministre a déploré le blocage complet depuis des mois des discussions visant à former un gouvernement au Liban, alors même que le pays continue à s’enfoncer dans une crise économique, sociale, humanitaire et politique majeure dont la population libanaise paie le prix chaque jour, plaçant le pays sous une tension dangereuse et inutile. Il a rappelé que les forces politiques libanaises dans leur ensemble portent l’entière responsabilité de cette impasse.

Dans ce contexte, l’obstruction délibérée à toute perspective de sortie de crise, en particulier de la part de certains acteurs du système politique libanais, par des demandes inconsidérées et d’un autre temps doit cesser immédiatement. À cet égard, le Ministre a rappelé la réflexion engagée à son initiative la semaine précédente, avec ses homologues européens, en vue d’identifier les leviers de l’Union européenne pour renforcer les pressions sur les responsables du blocage.

La France se tient comme elle l’a toujours fait aux côtés des Libanais. Elle a été et reste au rendez-vous sur le plan humanitaire au bénéfice direct de la population du Liban depuis l’explosion du 4 août. Elle a mobilisé en ce sens ses partenaires européens et internationaux. Mais pour sortir le Liban de la crise, la solution passe par la formation d’un gouvernement compétent, prêt à travailler sérieusement et dans l’intérêt général à la mise en œuvre de réformes connues de tous. C’est la responsabilité de toutes les forces politiques libanaises, qui s’y sont engagées devant le Président de la République française, pour leur pays et les Libanais. Le Ministre a indiqué à ses homologues européens, de la région et internationaux qu’après sept mois de blocage, l’heure est venue de renforcer les pressions pour y parvenir.

Des mesures de sanctions déjà présentes depuis un certain temps 

Pour rappel, des sanctions économiques ont déjà été imposées à l’encontre de certains dirigeants libanais, dont Gébran Bassil, gendre du chef de l’état ou encore Ali Hassan Khalil, bras-droit du président de la chambre des députés Nabih Berri. L’imposition de sanctions économiques ont été évoquées à l’encontre du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, selon des sources proches du président américain Joe Biden mais réfutées par l’ambassade américaine au Liban, tout comme à l’encontre du Président de la chambre Nabih Berri et du premier ministre désigné Saad Hariri lui-même.

Pour rappel, le président de la république française s’est largement investi au Liban, lors de ces deux déplacements, l’un le 6 août 2020 deux jours après l’explosion du port de Beyrouth et l’autre le 1er septembre à l’occasion du centenaire de la proclamation de l’État du Grand Liban. 

Il avait ainsi promis à la population libanaise qu’un gouvernement serait constitué le plus rapidement possible – d’ici 6 semaines à l’époque – afin de mettre en place des réformes jugées nécessaires par la communauté internationale pour le déblocage d’une aide économique tout aussi nécessaire face a la crise financière et monétaire que traverse actuellement le pays des cèdres. 

Huit mois après, aucun gouvernement n’a encore été constitué au Liban, alors que la classe politique libanaise se déchire sur la répartition des différents portefeuilles ministériels et que la situation de crise s’est encore aggravée, avec une détérioration importante de la parité de la livre libanaise face au dollar ainsi que du pouvoir d’achat. 

Désormais, le salaire minimum représente moins de deux dollars par jour alors que le seuil de pauvreté est estimé à six dollars par jour. 65 % de la population se trouverait ainsi vivant sous ce seuil de pauvreté et plus de 45 % de la population active serait au chômage.

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