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Chaque 12 juin, le Monde célèbre la Journée Internationale contre le Travail des Enfants. Cette question est d’autant plus importante au Liban que le Pays, en dépit de l’adoption de lois en la matière, a dû mal à les faire respecter.

Au Liban, alors que près de 30 % de la population libanaise vit en dessous du seuil de pauvreté, un autre facteur aggravant, environ 10 % des enfants ne sont pas scolarisés. Pire encore, environ 7 % des enfants libanais sont obligés de travailler pour aider leur famille, cela en dépit de l’adoption dès 1991, de la convention internationale des droits de l’enfance de 1973 par le Pays des Cèdres. Il s’agissait alors d’un des pays précurseurs dans la région, puisque l’un des premier signataires parmi les pays arabes, en la matière en dépit du fait que la guerre civile venait tout juste de s’achever.

Ce texte prévoit ainsi l’adoption d’une réglementation juridiquement contraignante fixant l’âge minimum légal de travail minimum à 15 ans ou encore 13 ans pour les travaux légers. Les travaux dangereux sont, quant-à-eux, interdits avant la majorité.

Au Liban, l’âge légal minimum requis pour travailler au Liban est toujours de 13 ans (article 22 du code du travail), même si une modernisation du code du travail portant notamment sur ce volet est dans les tiroirs depuis de nombreuses années.

Dans les différentes régions libanaises, le problème n’est pas identique. Ainsi, le Nord ou la Békaa sont plus touchés que d’autres régions comme le Mont-Liban. la structure du travail accompli par ces enfants est également différents. Certains régions nécessitent plus une main d’oeuvre dans le secteur agricole que d’autres. D’autres sont présents dans les secteurs de la métallurgie ou de la menuiserie.

Pourtant, le Liban est signataire de la Convention sur le Travail des Enfants de l’Organisation Internationale du Travail et les autorités sont dans l’obligation de mettre en oeuvre diverses dispositions stipulées par ce texte. Cependant les moyens manquent pour protéger les enfants.

Le cas encore plus vulnérable des enfants-réfugiés

Cependant, ce problème ne concerne pas seulement les enfants libanais mais également les enfants des réfugiés syriens ou encore palestiniens et irakiens présents sur le territoire des Cèdres. Il ne s’agit donc pas d’un problème isolé.

Ce problème est d’autant plus critique que les réglementations dans le domaine n’existent pas au Liban. En effet, le Pays des Cèdres n’est pas signataire de la convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés en raison de certaines clauses qui pourraient impliquer une implantation des réfugiés palestiniens au Liban.

Pour rappel, le Liban héberge officiellement plus de 1.5 millions de réfugiés syriens ayant fui leur pays ravagé par un conflit civil. Des sources sécuritaires ont estimé à plus de 2.1 millions de personnes, le nombre de réfugiés présents au Liban si on rajoute au nombre des réfugiés syriens, celui par exemple des réfugiés palestiniens présents depuis 1948. Nombreux sont les enfants présents parmi eux.

Dans un rapport publié en 2015, l’ONG Save the Children soulignait par exemple que des enfants syriens étaient dans l’obligation de travailler dès l’âge de 6 ans, souvent payés pour moins de 4 USD par an, donc beaucoup moins chers que des adultes. Pire encore, selon les employeurs, “ils sont plus malléables”.

Nombreux sont les enfants déjà dans les rues, entrainés dans la mendicité souvent par des parents ou d’autres proches. Ainsi, à Tripoli en février 2019, les autorités municipales de Tripoli au Nord Liban avaient arrêté plusieurs ressortissants syriens accusés de pousser leurs enfants à mendier dans les rues. Certains de ces enfants n’étaient âgés tout juste d’un an.

Dans la capitale Beyrouth, les 3/4 des enfants mendiants dans les rues sont d’origine syrienne. Parmi eux, un tiers serait des filles, plus vulnérables à certains abus, souligne l’UNICEF.

Certains de ces enfants sont également poussés dans l’univers de la prostitution. L’exploitation de filles dans ce cadre a fait l’objet de rapports publiés par les ONG. Cependant, les données concernant ce volet ne sont pas accessibles en raison des tabous entourant la chose.

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