Les relations complexes liant l’appareil executif, législatif et les organes économiques pourraient complexifier le processus de négociation avec le Fonds Monétaire International, estiment les observateurs, alors qu’une délégation de l’institution internationale a rencontré le président de la république, le général Michel Aoun.

Le chef de l’état a estimé, lors de cette réunion, que le FMI sera en contact permanent avec les responsables libanais, “pour parvenir à un consensus sur les termes du plan de réforme qui permettra progressivement d’atteindre la reprise économique promis”. Il s’agira aussi d’accorder les priorités nécessaires aux questions sociales et de santé, lutter contre la pauvreté et procéder à la réforme des infrastructures du pays, telles que l’électricité, les communications et la réhabilitation du port de Beyrouth, ainsi que la mise en place des projets hydrauliques, industriels et agricoles. Le général Aoun a noté que l’audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban se poursuit actuellement alors que le président de la chambre aurait saboté la session parlementaire qui aurait dû décider de la prolongation d’une année de la levée du secret bancaire.

Côté FMI, ses responsables ont exprimé leur volonté d’aider le Liban, soulignant que le programme à mettre en place “nécessite des efforts concertés de tous les gouvernements et parties et un consensus entre elles pour soutenir le plan économique.”

Pour sa part, alors que les négociations avec le FMI devraient bientôt être relancées, des sources proches de celui-ci font part de leurs inquiétudes notant que le parlement a adopté un texte lié au contrôle des capitaux au bout de 2 ans. Ce délai, considéré comme important, fait craindre que les projets discutés avec le FMI puissent nécessiter de longues négociations avec le parlement. Par ailleurs, le texte serait aussi incompatible avec le plan de sauvetage préparé actuellement avec le FMI, démontrant l’absence de coordination entre nécessités économiques, gouvernement et parlement.

Des interrogations portent aussi sur la question de la répartition des pertes du secteur bancaire, les autorités ayant décidé de ne pas seulement porter atteinte aux droits des déposants mais aussi de limiter les pertes des banques-elles même, aboutissant à ce que l’état supporte la majorité des pertes qui pourraient atteindre un minimum de 55 milliards de dollars selon des sources proches du cabinet. Pire, le FMI estime que ces chiffres ne sont pas réalistes, estimant que les pertes du secteur bancaire sont plus importantes d’une part et d’autre part, que l’état ne peut assumer actuellement ni dans un avenir lointain l’ampleur des sommes à engager. Le gouvernement Mikati III ne pourra donc respecte ses engagements face aux déposants à moins de rendre responsables le secteur bancaire privé pour couvrir une grande partie des pertes.

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