Des pneus incendiés place Elia à Saida, le 2 mars 2021. Crédit Photo: NNA
Des pneus incendiés place Elia à Saida, le 2 mars 2021. Crédit Photo: NNA

De nombreuses routes ont vu la circulation être interrompues en raison de manifestations contre la dégradation des conditions sociales et économiques alors que la valeur de la livre libanaise s’est à nouveau dégradée ce mardi. La livre libanaise a atteint son plus bas historique en fin de matinée avec un taux de parité de 10 000 LL/USD, se reprenant quelque peu ensuite.

Dans la Békaa, la circulation est interrompue au niveau de la liaison entre Baalbeck et Riyak.

À Saïda, une manifestation a actuellement lieu place Elia où des pneus ont été incendiés. La circulation sur l’axe Hasbaya-Marjayoun est aussi interrompue.

Dans la capitale Beyrouth, plusieurs axes majeurs ont vu la circulation être interrompue. Il s’agit du Ring Fouad Chéhab où il est désormais impossible de passer, du Boulevard Béchara el Khoury ou encore du tunnel menant à l’aéroport, tout comme au niveau du boulevard Hafez el Assad au niveau du stade Al Ansar.

Parallèlement à ces manifestations, de nombreux bureaux de change ont décidé de fermer leurs portes, dans un mouvement apparent de dénonciation de la dégradation de la parité entre livre libanaise et dollar.

Avec cette nouvelle dégradation de la parité de la livre libanaise, le salaire minimum atteindrait désormais 2.33 USD par jour alors que le seuil de pauvreté est estimé à 6 USD par jour. Cette dégradation de la parité de la monnaie locale a été induite par la diminution des réserves monétaires disponibles qui permettaient, jusqu’à présent de contenir quelque peu, la pression sur la devise locale en rapport avec les importations importantes nécessaires pour subvenir au besoin de la population, le Liban n’était pas autosuffisant.

Par ailleurs, certaines sources accusent les banques libanaises d’être à l’origine de l’augmentation de la pression sur la livre libanaise ces dernières semaines, en ayant acheté de fortes quantités de devises étrangères sur le marché local pour tenter de répondre favorablement à la circulaire 154 de la Banque du Liban stipulant une augmentation à 20% de leurs fonds propres. Ces mesures sont cependant largement critiquées par les spécialistes financiers, qui notent qu’en dépit de cette circulaire, il est quasiment impossible pour les banques locales d’être à nouveau solvables en raison du fort différentiel entre taux de change officiel et taux réel de la livre libanaise face au dollar. Ces experts notent ainsi que le dollar bancaire ou lollar comme certains appellent désormais les devises étrangères présentes dans les banques ne représentent plus que 15% à 30% de la valeur des dollars réels.

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