Que dire à mon frère, retraité mais sans pension de retraite et qui n’a même plus la force de pleurer et crier sa haine.

Que dire à ma sœur, autrefois aisée, aujourd’hui au chômage, qui ne peut plus payer ses doubles factures d’eau, d’électricité et d’internet et ne compte plus sur ses deux locataires, eux même au chômage et qui ne peuvent plus payer leurs loyers depuis un an. Elle se sent même obligée de les aider à survivre. L’indemnité chômage n’existe pas au Liban.

Que dire à ma deuxième sœur enseignante, qui a perdu son travail. Elle et son mari n’ont plus aucun revenu pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs deux enfants.

Que dire à mon beau-frère qui ne peut pas quitter l’hôpital sans régler l’immense facture de son opération à cœur ouvert justifié ou pas, et qui comme beaucoup de libanais, ne bénéficie pas d’une couverture d’assurance maladie.

Que dire à mon neveu, haut gradé de l’armée, qui son salaire correspondait à 2000 dollars il y a tout juste un an, vaut 200 dollars aujourd’hui! Comment peut-il survivre avec sa femme et ses trois enfants?

Que dire à mon deuxième frère, chauffeur de taxi, qui n’a pas les moyens de réparer sa voiture faute de pouvoir payer le prix exorbitant des pièces détachées.

Que dire à presque toute ma smala du Liban qui ne peut plus vivre décemment, se nourrir convenablement et se soigner correctement. Je ne dis plus rien, j’agis, et continuerai à remuer ciel et terre pour rester à leurs côtés, au nom du lien du sang et de mon amour pour eux et pour le Liban.

Que dire à nos politiciens, sinon, je vous maudis pour ce nouveau fardeau financier et moral que vous nous faites supporter et pour tous les dégâts matériels et moraux provoqués par vos mains et par votre appétit sans limite pour le détournement de l’argent public et privé.

Que dire au président de la république, le général Aoun, est-il réellement conscient de cette grande tragédie qui se joue à ciel ouvert? Si oui, qu’attend-il pour agir et reprendre le pouvoir ?Qu’attend-il pour protéger le pays et juger les ogres mafieux politiciens, banquiers et juges qui sont connus et bien identifiés par lui et par la plupart des libanais. A moins que notre président soit lui-même devenu comme nous, l’otage de ces vauriens.

Que dire , que dire, que dire à tous mes compatriotes qui se retrouvent démunis, humiliés et parfois affamés? J’ai honte, je culpabilise de ne pas pouvoir faire plus, Je suis de tout cœur avec vous, Je vous aime.

Je pleure en silence, mais je veux toujours croire à un avenir proche et heureux pour ce Liban que j’aime tant.

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