Le Liban célèbre l’avènement de son 13e président. Par un franc parler le chef de l’Etat a réaffirmé au peuple ses engagements passés et ses priorités nationales. La suprématie de la constitution et la lutte contre la corruption ont initié pertinemment un apport non formel. La politique locale articule ses diverses tendances, des accords initiaux et des exigences opportunes. L’équilibre correspondant à la composition du nouveau gouvernement nécessite des donnes différentes et insoupçonnées. Elles se situent bien au delà de la course effrénée aux ministères préférés, exclusifs ou « réservés » pour certains.

Cependant, quels sont les pré-requis nécessaires pour les candidats aux postes de ministres? Relèvent-ils des qualificatifs adaptés à la fonction, à la transparence, au culte de la personnalité ou aux trois? Et pourtant, la situation critique dite « insupportable » du pays peut elle inclure encore l’amateurisme, les comportements incertains, les vues opportunistes et controversés qui ne remplissent que peu ou mal des rôles et ne tolérent la critique légitime du citoyen? On espère pour très bientôt des hommes et des femmes aux bons postes ainsi que de vrais dialogues entre des réels partenaires et des opposants constructifs afin de pourvoir aux libanais la page des possibilités avec des actions impeccables dans les meilleurs délais.

La gouvernance crédible est celle qui maintient la barre de l’exercice démocratique bien haute et la ligne d’une conduite coordonnée, unifiée et efficace entre les ministres. L’accord consensuel entre nos diverses composantes a longtemps associé la fonction aux privilèges des choix intimes, des appartenances collectives et des redevances plurielles. La place de l’identité nationale demeure réservée ou résignée à côté des quotas religieux et communautaires. La constitution est surtout perçue comme protectrice des perceptions multiples. L’appartenance nationale passe certes par le prisme d’une riche et complexe coexistence qui gagne à renforcer ses stratégies de dénouements face aux conflits intérieurs. On pourra alors mieux raffermir les axes de nos ententes et préserver notre indépendance malgré les circonstances.

Un ministère du rétablissement identitaire est vivement souhaitable pour mener la lettre à l’esprit des applications constitutionnelles, des concordances ministérielles, de la gouvernance et de la citoyenneté. Allons soutenir par tous les moyens possibles la République et la tenue démocratique de la Constitution!

Joe Acoury.