L’agence de notation Moody’s a salué la formation, le 31 janvier dernier, du gouvernement Hariri III, estimant qu’il s’agit d’un acte positif pour l’application des réformes nécessaires stipulées par le plan présenté par le Liban lors de la conférence d’aide CEDRE qui s’était déroulée en avril 2018.

Les pays et organisations donatrices s’étaient alors engagées à accorder au Liban 11 milliards de dollars d’aide sur 5 ans sous conditions de réformes économiques, administratives et structurelles.

Plus de précisions concernant CEDRE

CEDRE: Une analyse de référence du plan d’aide au Liban

Cependant, Moody’s appelle à la prudence dans son communiqué:

Moody’s a averti que les risques de crédit restaient élevés étant donné qu’une croissance très faible compromettrait les efforts d’assainissement budgétaire du gouvernement.
En outre, les positions extérieures et budgétaires du Liban resteront fragiles tant que le manque de confiance des investisseurs continuera de peser sur la croissance des dépôts, ce qui accroît le risque que le gouvernement prenne la mesure nécessaire pour réorganiser sa dette ou tout autre exercice de gestion du passif susceptible de constituer un risque de défaut selon la définition de Moody’s.

(…)

Les principales priorités énoncées précédemment par le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, incluent des réductions de dépenses et des réformes en matière de fiscalité et d’électricité afin de satisfaire aux exigences convenues avec la communauté des donateurs internationaux

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Ces réformes visent à réduire le déficit budgétaire qui, selon nos prévisions, dépassera 10% du PIB en 2018, ce qui correspond à une facture d’intérêts absorbant environ 50% des recettes et contribuant à des besoins de financement bruts supérieurs à 30% du PIB chaque année.

Cependant, l’agence de notation note aussi les défis auxquels fera face le Liban comme les difficultés à mettre en place une réforme fiscale ou encore les tensions sectaires qualifiées de persistantes sur un plan local et régional.

Un risque plus géopolitique est également rapporté par Moody’s, celui de sanctions américaines qui pourraient affecter les transferts financiers et l’aide au Liban, notamment après que le mouvement chiite Hezbollah ait obtenu 3 ministères dont celui de la Santé, premier récipiendaire du budget de l’État.

Pour l’heure, Moody’s ne remet pas en cause sa perspective mise à jour fin janvier 2019 avec une dégradation à Caa1 des obligations libanaises. Parmi les raisons invoquées alors par Moody’s, la probable restructuration de la dette publique, un mal jugé nécessaire par l’agence de notation

La note Caa1 est en effet attribuée à des investissements considérés comme étant de très mauvaise qualité avec des risques élevés dans l’échelle de notation de l’agence de notation.

Pour rappel, la dégradation à Caa1 des obligations libanaises avait agi comme un véritable électrochoc débloquant la formation du gouvernement actuel, face aux risques encourus de défaut de paiement.

Pour rappel