Entre la conférence de Beyrouth et celle de Davos, les grenouilles qui se croient plus intelligentes que le loup, et le ridicule feuilleton du gouvernement à 30 ou 32 lumières, il n’y a aucun doute que nous avons battu le record du monde en conneries au mètre carré même si on ajoute aux 10452 du koullouna, les montagnes d’ordures gagnées sur la mer méditerranée.

Les leçons de vie que nous ont enseigné nos zaïms étaient d’une douleur exquise. Par exemple, comment cracher au visage de tes amis et puis les supplier de te donner du pognon en expliquant que c’est toi qui les as fait sortir du désert. Ensuite, comment les Etats-Unis doivent apprendre de notre expérience comment gérer un pays. Et, enfin que le Liban est un gouffre à cerveaux qui étaient en mode sommeil pendant 15 ans et qui, du coup, vont te montrer de quoi ils sont capables et nous faire grimper de la position 138 du pays le plus corrompu du monde que nous venons fièrement d’atteindre au numéro 1 mondial de la plus grande assiette de baba-ghannouge.

Nos zaïms ont évidemment oublié que tout ce qui a une cervelle et vient de gagner la guerre contre sa dernière poussée d’acné juvénile a déjà plié bagage depuis longtemps, laissant les copains du zaïm applaudir son incompétence tout en lui trouvant des excuses.

Faut être juste quand même: l’idée qu’on envoie nos ministres enseigner la gouvernance aux amérloches est géniale! De cette façon, au lieu de nous tracasser avec des problèmes complexes et insolubles comme l’électricité 24/24, la gestion des déchets et pourquoi tu as besoin de ramener deux photos avec ton meilleur sourire aux gentils policiers pour finir avec une photo webcam sur ton passeport, nous pourrons nous atteler aux projets simples et débiles de nos confrères du Far-West, comme la colonisation de la planète Mars ou les algorithmes de l’intelligence artificielle, la conscience des robots et le langage homme-machine.

Pourtant, avec l’âge et la sagesse qui vient en option pour certains, et, ne serait-ce la demande explicite d’une amie de lui dessiner encore un zaïm, j’avais bien décidé de concentrer le restant de mes jours à éduquer mon chien à ne pas se soulager à moins de cent lieues d’un endroit de culte pour éviter les sermons sur le droit des chrétiens ou les injustices historiques faites aux musulmans et, surtout, ne pas causer une nouvelle guerre civile.

Déjà que le moment fort de ma journée était l’instant où je skippais d’un tour d’index sur mon smartphone l’article de la-journaliste-qui-trouve-toujours-une-excuse-à-son-zaïm-et-qui-l’encense-avec-adoration, je me disais bien que ce n’était même plus la peine d’être au courant de ce qui se passe, tellement tout passe sur ton corps et ton intelligence.

Alors, tout récemment, j’ai regardé autre chose à la téloche qu’un bébé-zaïm essayant d’imiter son papa qui lui a cédé la place. J’ai vu un film libanais où les gens n’étaient pas du tout comme nous: ils n’avait pas de symboles religieux sur la tête, sur le cou, ou tatoués sur les bras, ne passaient pas leur journée à parler politique et à hausser le disjoncteur du générateur, se mélangeaient, acteurs chrétiens, musulmans, libanais, syriens et autres, dans le respect et la convivialité, n’applaudissaient béatement à personne et ne cédaient pas à la corruption (amen). C’est vrai que, même dans le film, il y avait un méchant zaïm, mais même celui-là se préservait bien de lâcher ses derniers principes moraux.

Bizarre quand même de voir que même dans nos séries télévisées, nous avons du mal – ou le dégoût – de reproduire fidèlement la décadence morale de certains de nos dirigeants.

Ah! Que j’aimerais que notre pays ressemble à cette version PG-13 de la réalité, comme dans les films…

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