Le mariage maronite du Général Aoun avec le Hezb et la disparition du livre orange sont quand même bien passés et al-Manar est rapidement devenue la chaîne préférée des Aounistes. Les trips de Saad Hariri avec les salafistes et leurs rapports love-n-hate, n’étonnent plus personne : on a tous compris que le fils Hariri n’a pas bien compris que le principe du « trial and error » c’est de finir avec un succès, pas de cumuler les erreurs. Les revirements stratégiques de Walid Joumblat et de Nabih Berri, on connait bien : comme dirait Jessica Rabbit, « I’m not bad, I’m just drawn this way ». Bien sûr qu’il faudra plus qu’un cake et qu’une chanson avec Melhem Riachi et Ibrahim Kanaan comme starlettes pour nous faire oublier tous les cadavres et les fantômes des années 89-90. Passe encore.

Mais, de tous les rapports contre-nature de l’histoire de l’humanité, rien ne peut être pire que la liste des Beyrouthins. Flashback sur tout ce que le Général Aoun a pu dire de méchant sur Hariri et Berri. Flashback sur le droit des chrétiens qu’est sensé restituer l’alliance divine des FL-CPL. Flashback puis gros plan sur un tas d’individus nommés par les Aoun, Geagea, Hariri, Joumblat et Berri, pour représenter une Beyrouth qui n’a pas encore fini de payer les tributs des guerres fratricides de ces cinq personnages.

Bien sûr, il y aura les jolis bus bleus des Hariri et les parkings réservés à l’avance pour ceux qui vont voter « zay ma hié », avec, dedans, les aounistes, geageaistes et hariristes en train de chanter le nouvel hymne national, « fais gaffe à mon frère ». Bien sûr, tu auras tous ces achrafiotes qui, entre la démocratie et la plage, choisiront Eddé Sands, et donneront l’excuse à un tas d’abrutis de prétendre qu’ils représentent 99% de la population alors que seulement 20 à 50% des électeurs se présentent aux urnes.

Bien sûr mais, quand même, pour une fois, tu n’as pas à choisir entre le pire et le pire encore. Parce qu’en face, tu as Beirut Madinati. Je n’y connais pas grand monde. Il y a bien sûr Ahmad Kaabour. Si tu ne connais pas, tu rates. C’est un poète-chanteur qui ne fait pas la une de « Nadine ». Ça devrait suffire pour te convaincre. Tu as aussi Nadine Labaki. Perso, je préfère les films de Arnold et de Stalone. Quand les deux jouent dans le même film, c’est encore mieux. On ne se refait pas à 50 ans. Mais, quand même, depuis que Joumana m’a obligé à voir tous ses films, je trouve que ce n’est pas mal, même si j’aimerais bien voir Schwarzy dans son prochain long métrage.

Il y a aussi Yorgui Teyrouz. Je ne connaissais pas, mais c’est le type qui a fondé « Donner sang compter ». Il est comme les politiciens, il te pompe ton sang. Mais, au moins, lui, il te dit « merci » et il prend du riche pour donner au pauvre. Tu as aussi Najib Al-Deek. Si tu bouffes des poissons libanais, c’est lui qui les pêche. Tu peux être au moins sûr que celui-là, il se mettrait en quatre, pour interdire qu’on continue à déverser tes ordures dans sa mer. Tu as aussi Serge Yazigi dont j’ai fait la connaissance dernièrement. Il « like » mes statuts sur Facebook. Ne barre pas son nom !

A part ça, je ne connais personne mais sur les « bio », il y a Karol Chebli-Tueni qui travaille avec Disney Channel. Franchement, tu penses que quelqu’un qui travaille avec Disney peut être méchant ? Si tu n’es pas convaincu, vise un peu la face de la tête de liste et de son co-équipier, Ibrahim Mneimneh et Tarek Ammar. Franchement, mec, une tête de gentil comme ces deux-là, ça ne se simule pas. C’est carrément un miracle qu’ils aient survécu dans ce monde de fous à contre-courant avec la théorie de Darwin.

En parlant de théories, et si tu connais la théorie de l’idéocratie, tu sauras que parmi les électeurs, ce Dimanche, il y aura plus de cons que de lumières. Espérons quand même qu’à force de tomber dans le même trou, comme l’âne et la poule, les électeurs libanais auront compris qu’il faut tout simplement passer à côté, pas dedans. Et, au lieu d’aller à la plage ou de voter pour ton pote, viens avec moi voter Beirut Madinati. Même s’ils n’ont pas de super-pouvoirs pour réparer ce qui n’est plus réparable, tu peux te tordre l’esprit en analyses psycho-financières, il y a infiniment peu de chance qu’ils fassent autant de conneries que leurs prédécesseurs.

Par Nasri Messarra 

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