Premier round des élections municipales au Liban avec le vote de la capitale Beyrouth et de la Békaa. Ces élections, les premières depuis la prolongation du mandat du Parlement Libanais en 2013 et en l’absence d’un nouveau chef de l’Etat constituent un test pour l’ensemble de la classe politique, notamment à Beyrouth où elles se déroulent en présence de 3 listes, une liste de coalition des différents partis politiques à l’exception du Hezbollah face à 2 listes issues de la société civile.

Ces élections sont assurées par la présence de plus de 20 000 membres des forces de l’ordre. Le bureau de presse du Ministre de l’intérieur indique que le processus électoral se déroule actuellement dans le calme et se terminera à 19 heure.

A Beyrouth, les politiciens contre la Société civile

Très marquée par la forte mobilisation qui s’est déroulée cette année par les manifestations dénonçant l’incapacité et la corruption de la classe politique dans son ensemble, des activistes ont réussi à constituer une nouvelle liste « Beirut Madinati » regroupant différentes personnalités locales issues des groupes de défense du patrimoine et des milieux artistiques. Cette dernière liste s’est notamment illustrée par une large présence sur les réseaux sociaux.

Également, l’ancien ministre des télécommunications et du Travail, Charbel Nahhas a présenté une liste incomplète puisque constituée de seulement 4 membres sous le sceau la lutte contre la corruption et la mafia immobilière.

Face à eux, le liste dite des Beyrouthins, constituée par une large coalition des partis politiques, Courant du Futur, Forces Libanaises et même Courant Patriotique Libre et Mouvement Amal pourtant adversaires sur le plan national. Les élections sur le plan local constituent donc à Beyrouth un test pour la classe politique face un possible rejet suite à la révélation de différents scandales politiques et financiers comme l’incompétence à trouver une solution finale à la crise des déchets ou encore la révélation de fraudes financières dans le cadre de la vente de terrains publics à Ramlet el Baida ou du scandale de l’implication d’hommes de pailles dans la constitution de réseaux internets illégaux.

Dans le quartier de Fassouh à Ashrafieh, une rixe entre partisans du CPL a éclaté après qu’une polémique sur l’élimination d’un des noms des candidats présents sur la liste d’entente entre ces partis politiques ait été annoncé. Cette rixe a été rapidement contenue par les Forces de Sécurité présentes sur les lieux.

La complexité du processus électoral est également à noter par l’erreur involontaire du dirigeant du Courant du Futur et Ancien Premier Ministre Saad Hariri qui a vu son bulletin de vote annulé. Il aurait en effet glissé l’enveloppe destinée aux élections des maires de quartier dans l’urne de celles destinées à l’élection du conseil municipal, a annoncé la chaine de télévision LBCI.

Des enjeux plus locaux dans la Békaa

Les élections municpales se déroulent également dans la Békaa avec des enjeux plus familiaux que nationaux. A Aarsal, localité marquée par la présence de nombreux réfugiés syriens et par l’occupation temporaire en 2014 de la zone par les groupes terroristes Al Nosra et Daesh, l’Armée Libanaise a renforcé sa présence craignant certains troubles en raison de la présence de ses groupes sur les hauteurs de la ville.

Les élections municipales se poursuivront le 15 mai dans le Mont Liban le 22 mai au Sud Liban et à Nabbatieh et se concluront le 29 mai par le Nord Liban.

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