Le sarcophage d'Ahiram est hébergé par le Musée National de Beyrouth dont il est l’une des pièces majeures. Datant du début du Ier millénaire av. J.-C., et destiné à recevoir la dépouille d'Ahiram, roi de Byblos, ce sarcophage, composé d’un bloc de calcaire, comporte une inscription qui est le plus ancien exemple écrit à l'aide de l'alphabet phénicien sur son couvercle Crédit Photo: François el Bacha, tous droits réservés.

J’évoquais lundi dernier, les déclarations du Ministre de l’Économie, estimant que la croissance libanaise n’atteindra que 2% en raison de la situation syrienne suite à l’impact de la crise sur le secteur touristique local. 

Un entrefilet publié par le Figaro nous donne un peu plus de détails sur la situation du secteur touristique en Syrie. Ainsi, les recettes se seraient effondrées de 94% en 2 ans, avec seulement 170 millions de dollars en 2012 contre 3 milliards de dollars en 2010 mais tout de même 1,07 milliards en 2011, touchant directement les industries hôtelières, commerciales, du transport etc… représentant 12% du PIB syrien.

Et le Liban dans tout cela, me direz-vous. Le Liban et intégré dans les circuits touristiques syriens et jordaniens, donc une rupture de ces circuits affecte le secteur touristique libanais. D’un autre coté, les statistiques présentes au Liban sont biaisées. Beaucoup de ressortissants binationaux entrent au Liban avec des passeports étrangers et restent comptabilisés par les douanes libanaises comme touristes étrangers, ce qui fausse les données fournies par l’administration, puisque ces personnes résident principalement chez leurs proches parents etc… et participent donc moins à l’industrie touristique que de vrais touristes qui découvrent ce pays.

La conclusion toute simple est qu’il faille donc mettre en place déjà des bases de données correctes par rapport aux informations fournies que cela soit aux professionnels du secteur et autres, afin de mettre en place les bonnes structures – hôtelières par exemple et non le trop pleins d’hôtels actuellement ayant des taux d’occupation en deçà des moyennes régionales « ordinaires » hors évènements exceptionnels comme le conflit syrien – et les bonnes stratégies à appliquées par rapport aux différentes situations.

Nous pouvons par exemple penser qu’il faille désormais une autre politique d’approche des touristes notamment sur le plan international, en comptant moins sur les touristes du Golfe et plus sur un tourisme occidental plus culturel. Pour cela, les plans marketings actuels ne sont pas au niveau. On ne utiliser comme l’usage actuel le démontre, des chaînes libanaises, pour promouvoir le tourisme au Liban mais utiliser d’autres vecteurs d’information, il faut donc aller vers le client parce que le client lui, ne viendra pas sans connaissance de cause.

L’approche israélienne pourrait être un exemple de ce qu’il faut faire aujourd’hui pour le Liban, avec des publicités visant un public occidental, que cela soit sur les grandes chaines de télévision européennes ou même les accès au métro, Israël s’étant trouvé historiquement en dehors des circuits mondiaux à cause du boycott arabe et devant donc développer un tourisme propre à son territoire, sans vouloir entrer dans la polémique concernant les territoires palestiniens occupés.

Une telle approche serait d’autant plus possible et souhaitable que le Liban compte sur plusieurs atouts majeurs dans son développement touristique et actuellement non développés, comme pays biblique tout comme Israël, avec la présence des lieux saints de Cana au Sud Liban ou les lieux de naissance de St Pierre, pour ne pas évoquer également les différents sites archéologiques « laissés pour compte » comme beaucoup d’Églises du Paléo-Christianisme.

Le Liban est aussi un pays des contes et légendes, légendes phéniciennes, avec Adonis, légende de l’enlèvement de la princesse phénicienne Europe etc… Cet aspect culturel de l’industrie touristique aujourd’hui est largement abandonné en raison du recours un peu trop facile aux tours opérators régionaux au lieu de la mise en place d’une politique propre de développement, et cela au profit d’un tourisme à la show-off, fait de paillettes et de boites de nuit pour ne pas évoquer les lupanars dont les touristes du Golfe sont bien friands. Ce fait s’avère, dans les temps actuels, alors que ces derniers sont les premiers à ne plus venir, fort bien regrettable.

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Il ne s’agit pas d’un espace pour les commentaires.

Article mis à jour:

LAISSER UN COMMENTAIRE

Entrez votre commentaire
Entrez votre nom

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.