La terre tremble presque constamment sous nos pieds. Entre-temps, les chefs du monde se réunissent fréquemment aux sommets. Ils  préservent chacun d’entre eux le schéma des priorités qu’ils défendent. L’entente demeure fictive pour l’humanité. Elle attend vainement que ces hommes responsables conduisent des changements: Vivre en sécurité, préserver et améliorer ces paramètres de base pour tous (l’hygiène, la santé, l’éducation).

Le sort des inégalités et des injustices humaines flagrantes pèse le temps des déclarations communes pour des applications dites coûteuses et donc souvent insuffisantes. La structure des préjugés va remplacer les attitudes ouvertes. Les actions sur le terrain des négociations vont dépendre de processus dits démocratiques mais qui restent incapables de prévenir les conflits entre les pouvoirs, les visées d’hégémonies et les conflits historiques où l’héritage d’un peuple au XXI siècle demeure dissocié du droit de vivre décemment. Que ce soit au nom du libéralisme, du conformisme à l’ordre démocratique, de la verticalité du parti unique, les communautés et les ethnies revendiquent davantage leurs besoins d’autonomie. Elles vont devoir défendre leurs identités et résister aux guerres éventuelles dans de faux contextes démocratiques. Les religions recherchent la modération à leurs sources afin de se prémunir de l’extrémisme.

En fin de compte, nous allons tous mal, à courir en rond. Le présent devient difficilement contrôlable et peu prévisible. Les superpuissances, les puissances, les petites ou nouvelles nations, des plus grands au plus petits, la vitesse dépasse nos lentes maturités. Le pacte indispensable de la confiance entre les hommes est gravement menacé. On ne le dit pas mais on le sait, le monde est malade car la conscience humaine est en faillite. Non, il n’y a plus de progrès entre les habitants de la planète. Les uns et les autres ont peur de ne plus convenir à des mentalités différentes et craignent de se perdre en adaptant l’intelligence multiple à l’expérience émotionnelle.

La fissure relationnelle est profonde. Peut-on la réparer? Oui, si on accepte de sortir de nos savoirs, de réfléchir à notre terrain affectif par la découverte et la reconnaissance des priorités de l’autre. On pourrait ainsi tenter de regagner efficacement une confiance réciproque par des pensées unifiées aux besoins communs élémentaires. Sinon, faute de compassion, nous creusons à chaque instant le tombeau des élans vieillis et peu spontanés, de la langue de bois, de la qualité standardisée des privilèges et de la recherche effrénée du contentement solitaire. Cependant la solution nous viendrait-elle d’ailleurs, en faveur d’un mouvement intime? Nous laisserait-il  toucher sagement la résonance complice des cœurs fermés afin de répondre à toutes les arrogances mentales que la résurrection de la paix commence en nous d’abord et dans le monde ensuite!?

Joe Acoury.