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Le dirigeant des forces libanaises Samir Geagea a annoncé le boycott par son bloc parlementaire de la session du Parlement prévu demain à l’appel du président de la chambre Nabih Berri. Il a également annoncé son refus à ce que les forces libanaises participent à un gouvernement d’union nationale.

Cette déclaration a été faite à l’issue d’une réunion du bloc parlementaire “République forte” des forces libanaises au siège de Maarab.

“Il est impossible que les choses continuent comme elles sont après l’explosion le 4 août, il est impossible que les choses fonctionnent dans ce pays à moins que nous puissions changer le groupe qui règne”, estime le dirigeant des FL.

Toute révolution populaire réelle au Liban est impossible, cela entraînera le pays dans une guerre civile. Les parties concernées en premier lieu le Hezbollah ont été claires sur la question, accuse Samir Geagea, avant de poursuivre estimant qu’il s’agit pour lui de désormais trouver un moyen de “se débarrasser du parlement actuel”. Il s’agit par conséquent de collecter suffisamment de démissions de députés pour permettre l’organisation d’élections législatives anticipées.

Ces derniers jours, les partis s’intéressent plus à leurs intérêts personnels, constate le dirigeant des forces libanaises. Nous avons démissionné 10 000 fois par le passé, poursuit-il, sans que les choses ne puissent changer.

“Nous avons refusé de participer au gouvernement (précédent) (…) Il s’agit de faire tomber le parlement actuel afin d’obtenir des élections législatives anticipées et par conséquent un nouveau pouvoir.”

Abordant la question de la démission des parlementaires actuels, il estime que seulement 25 députés finiront par quitter leurs postes. Un chiffre insuffisant selon lui.

“À quoi sert la démission si nous nous présentons de nouveau. Par conséquence 25 députés sur des centaines de voix seulement.”

“Quant à ceux qui prétendent être en mesure d’arrêter les élections partielles, c’est quelque chose qui ne peut pas arriver. Les boycotter dans ce cas n’aidera pas, étant donné que les partis au pouvoir y participeront en tant que candidats aux élections et feront venir 25 nouveaux députés. Avons-nous oublié comment ils ont nommé un ministre remplaçant le ministre des Affaires étrangères Nassif Hitti 5 minutes après sa démission?

Au lieu de 70 députés, la majorité actuelle se retrouverait alors avec 95 députés, dénonce Samir Geagea, considérant alors qu’une démission du bloc des forces libanaises signifierait un renforcement du pouvoir actuel. Il pourrait alors modifier la loi électorale transformant notamment le Liban en une circonscription unique, renforçant l’emprise de certains partis sur le parlement. Il pourrait même être amené à modifier la constitution ou encore à élire un prochain président de la république dès la première session parlementaire.

Samir Geagea appelle par conséquent la population libanaise à se saisir de l’importance de la question et de la stratégie à adopter, rappelant avoir été emprisonné durant 11 ans.

Indiquant avoir tenté de coordonner son action avec le parti socialiste progressiste et le courant du futur et qu’un accord était proche d’être conclu avec eux, il estime que le courant patriotique libre ou encore le Hezbollah sont opposés à la démission du parlement. Malheureusement, indique-t-il le gouvernement a démissionné dans l’intervalle. Ses alliés ont donc préféré temporiser dans l’attente de la formation d’un nouveau cabinet.

Concernant la formation d’un nouveau gouvernement, il indique ignorer si la pression pourrait permettre l’organisation d’élections législatives anticipées. Samir Geagea indique donc qu’il coordonne les actions des forces libanaises avec celles de ses alliés.

La bataille, estime-t-il, n’est pas au niveau du Palais Presidentiel de Baabda mais au niveau du parlement, notant avoir contacté le dirigeant du parti Kataëb Sami Gemayel afin qu’il revienne sur la démission de son bloc.

Au sujet de la formation du prochain gouvernement, il s’agit d’être prudent pour qu’un cabinet neutre et indépendant puisse succéder à celui démissionnaire. Il existe cette fois-ci une opportunité à ce qu’un gouvernement puisse être constitué en raison de la pression internationale. Il s’agira pour le prochain gouvernement d’organiser des élections législatives anticipées, de transférer le dossier de l’explosion du port de Beyrouth à une commission d’enquête internationale, de reconstruire les zones touchées par l’explosion, le soulever la question de la neutralité vivant conformément au souhait du patriarche maronites, et enfin de mener des réformes nécessaires face a la situation économique et financière actuelle.

Concernant la question elle-même de l’explosion, Samir Geagea s’est attaqué au président de la république qui aurait reçu un rapport stipulant la présence de nitrate d’ammonium 15 jours avant le drame et qui avait indiqué ne pas disposer des prérogatives suffisantes afin de l’éviter. Il estime ainsi que le chef de l’État s’immisçait pourtant dans la nomination du moindre fonctionnaire dans les administrations publiques. Il a également souligné que le premier ministre sortant Hassan Diab avait transféré le même rapport à la ministre de la justice Marie-Claude Najem et au ministre des transports et des travaux publics Michel Najjar.

S’il s’agit d’obtenir des résultats réels et concrets dans l’enquête, il s’agit donc d’appuyer la demande pour que soit constitué un comité d’enquête internationale, estime le dirigeant des Forces Libanaises.

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