Les couches moyennes supérieures mises à contribution…

Encore une fois le pouvoir met tout en œuvre pour préserver la défiscalisation des ultra riches au moment même où il consent à jeter quelques miettes aux pauvres et aux classes moyennes déclassées ou en voie de l’être. Miettes qu’ils devront malgré tout rembourser à travers le remboursement de la dette publique.


Remarquons que les couches moyennes supérieures vont dorénavant être frappées à leur tour. Cela commencera avec les journalistes les mieux payés qui vont voir leur abattement fiscal diminuer légèrement. Cette mesure, qui vient d’être adoptée, passera d’autant mieux que ces derniers ont quelque peu mauvaise presse, si on peut s’exprimer ainsi, auprès de l’opinion publique depuis quelque temps déjà. Ils auront donc plutôt intérêt à rentrer la tête et se faire discrets.Gageons qu’ils ne font qu’inaugurer un processus qui sera élargi à d’autres secteurs. Ce processus sera bien sûr long et progressif pour être le mieux accepté possible, comme il l’a été pour la politique qui a abouti à l’étranglement des couches moyennes déclassées ces dernières décennies.

L’oligarchie financière qui nous gouverne s’est rendue compte, avec le soulèvement des gilets jaunes, que les couches moyennes déclassées ou en voie de l’être ne sont plus corvéables, sinon qu’à une trop faible marge. Si elle veut continuer à assurer sa défiscalisation, il faut qu’elle commence à dépouiller les couches moyennes supérieures, et c’est à ce niveau qu’il y a aujourd’hui une réserve significative.

… et ses conséquences sur la cohésion sociale

Face à ce stade nouveau, deux types de réactions sont possibles.
Les couches moyennes déclassées pourraient réagir en se satisfaisant du fait que d’autres prennent enfin le relais dans ce processus de dépouillement, et que la corde autour du cou qui les étrangle restera à ce niveau. Les couches moyennes supérieures peuvent réagir, selon un état d’esprit similaire mais symétrique, en cherchant à tout prix à se distinguer des couches moyennes déclassées, à essayer de trouver de nouvelles sources à exploiter, à se soumettre encore plus à l’oligarchie financière et à chercher à tout prix à grimper dans la hiérarchie par tous les moyens, y compris les plus vils.
Le second type de réaction serait au contraire de construire des réseaux de compréhension et de solidarité qui les protégeraient les unes les autres, ce qui finirait éventuellement par obliger l’oligarchie financière et ses serviteurs à maîtriser leur cupidité et réduire drastiquement leurs ambitions au risque de devoir se démettre ou se recomposer.

Scandre Hachem

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