Sud Liban: Un calme relatif entre les protagonistes.

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Photographie des lieux de l’attaque du convoi israélien par le Hezbollah.

Les dernières opérations militaires qui se sont déroulées au Sud Liban démontrent les difficultés et les dilemmes auxquels font aussi bien face tant Israël que le Hezbollah et l’Iran.

L’opération menée hier au niveau de la localité de Ghajar, située à proximité des fermes de Chébaa, zone disputée entre le Liban et Israël a fait 2 morts et 7 blessés coté israélien et un mort dans les rangs du contingent espagnol de la FINUL suite aux représailles de Tsahal. Le convoi militaire israélien aurait été touché par 2 missiles antichars et est vue comme une réponse à l’attaque d’un convoi du mouvement chiite à Qonaitra dans le Golan Syrien, le 18 janvier 2015 par des hélicoptères israéliens. Cette attaque avait couté la vie à 12 personnes dont le responsable des opérations du Hezbollah dans cette région, Jihab Moughnieh, fils d’Imad Moughnieh, lui-même assassiné à Damas en 2008 et un haut gradé des Gardiens de la Révolution Iranien

Les dernières informations disponibles démontrent en effet que de toute part, la violence va s’amoindrir dans les heures et les jours qui viennent, des messages échangés par l’intermédiaire de la FINUL tant du coté de l’Etat Hébreu – qui a indiqué ne pas vouloir poursuivre le bombardement du Liban – que du Hezbollah – qui a indiqué qu’il s’agissait d’une opération ponctuelle, « oeil pour oeil et dent pour dent » et qu’il n’était pas intéressé par un conflit de grande ampleur.

Coté libanais, appel au calme et à l’union nationale

Coté libanais, les réactions sont mitigées. Certains dénoncent, d’autres applaudissent selon les lignes politiques habituelles.
Le Premier Ministre Libanais, Tamam Salam, rappelle l’attachement du gouvernement à la résolution 1701 du Conseil de Sécurité et estime que l’attaque qui a eu lieu au niveau des fermes de Chébaa ne constitue pas une violation de cette dernière. En effet, cette zone est considérée par le Liban comme étant un territoire occupé par les forces israéliennes en contravention avec les résolution 242 et 425 du Conseil de Sécurité. S’adressant à la communauté internationale, le Premier Ministre demande à ce que des pressions freinent l’hostilité israélienne à l’égard du Liban et appelle également à l’union nationale et au soutien des Forces Militaires.
Alors qu’un dialogue entre Courant du Futur principalement sunnite et le Hezbollah, chiite, vient d’être ouvert, d’une part comme de l’autre, on indique que cette ouverture politique visant à diminuer les tensions confessionnelles entre les 2 communautés va se poursuivre. On annonce déjà des premiers résultats, notamment avec l’interdiction des banderoles politiques sur le territoire libanais.
Walid Joumblatt a indiqué sur le réseau social Twitter que le Pays des Cèdres entre dans une période trouble mais que cependant il salue l’opération qui n’a pas eu lieu selon lui sur le territoire libanais.
Bémol du coté du dirigeant des Forces Libanaises Samir Geagea, qui tient pour responsable le Hezbollah pour tout acte israélien de représailles qui tardent actuellement à se manifester.

La communauté internationale appelle au calme

Pression internationale à maintenir un calme tout relatif au Liban. La réaction la plus dure contre Israël est avant tout venue d’Espagne qui a perdu, dans les opérations de représailles, un de ses casques bleus déployés au sein de la FINUL. L’Ambassadeur Espagnol aux Nations Unis Roman Oyarzun Marchesi a d’ailleurs accusé Tel Aviv d’être à l’origine de l’escalade actuelle, faisant indirectement allusion à l’opération du 18 janvier dernier. Le diplomate a également demandé à ce qu’une enquête complète soit menée lors de la réunion du Conseil de Sécurité qui s’est déroulée ce matin.

Cette pression vient au moment ou la communauté internationale cherche avant tout à soutenir l’armée libanaise actuellement aux prises avec les milices de Daech dans la Békaa-Est. Il y a en effet accélération de la fourniture d’équipements militaires à l’institution libanaise, et un plan de modernisation, qui attend d’être concrétisé. Pour rappel, l’Arabie Saoudite s’est engagée à financer l’achat pour 3 milliards de Dollars de matériels militaires d’origine française. De son coté, les Etats-Unis ont proposé au gouvernement libanais de fournir notamment des avions via la Jordanie et les Emirats Arabes Unis et cela afin de contourner un embargo décrété par le Congrès qui estime qu’une partie de ses armes pourrait parvenir au Hezbollah.

Impossibilité pour Israël à ce que soit menée une opération de grande ampleur

L’impossibilité pour les Israéliens d’entamer une opération terrestre de grande ampleur, dans la conjoncture actuelle, et cela en dépit de prochaines élections législatives, est assez révélateur d’un certain aveu d’impuissance face à une situation tendue et qui menace tout de même de dégénérer en conflit ouvert et dont les résultats peuvent paraitre assez incertain et cela en dépit des déclarations belliqueuses du ministre des Affaires Étrangères Avigdor Liberman. En effet, ouvrir un conflit avec le Hezbollah pourrait amener à un renforcement des milices fondamentalistes sunnites en Syrie. Il est préférable pour eux d’obtenir une sorte de statu-quo en entretenant un conflit au lieu d’être directement impliqué dans cette guerre qui a largement débordé le cadre syrien pour devenir régional voir international.
Sur la scène interne israélienne, tout premier ministre ayant engagé un conflit au Liban, le dernier étant Ehud Olmert a perdu ensuite les élections qui ont suivi. Peut-être que Netanyahou pense justement à ces prédécesseurs.

Aujourd’hui, le calme règle donc et espérons que cela soit le cas encore pour longtemps.

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