Une banque libanaise, la Fransabank, aurait refusé de restituer 347 millions dollars à la caisse sociale koweitienne, annonce le quotidien Al Rai, après que celle-ci lui en aurait fait la demande en raison des risques à investir au Liban.

La Fransabank se serait retranchée derrière la Banque du Liban estimant qu’elle n’est pas autorisée à transférer les sommes déposées sur 2 comptes dans un pays tiers.

Cette information intervient alors que les banques libanaises sont déjà considérées comme insolvables par les agences de notation après avoir instauré un contrôle informel des capitaux. Les principales banques libanaises se sont vues être attribuées par les agences de notation un état de défaut sélectif et ont par le passé déjà, refusé le rapatriement de fonds appartenant à des entreprises étrangères.

Des banques lourdement impactées par la crise économique 

Les banques libanaises sont, pour leur part, lourdement impactées par la crise économique que traverse le Liban. Cette crise est apparue au grand jour avec les fameuses pénuries de devises étrangères dès mai 2019, d’abord mises sur le dos de problèmes logistiques par la Banque du Liban avant de finalement reconnaitre que les établissements privés faisaient face à d’importantes crises de liquidité. L’ABL avait alors mis en place un contrôle informel des capitaux dès novembre 2019.  

De nombreux incidents avaient alors éclaté dans les succursales bancaires, des déposants exigeant de pouvoir retirer leurs fonds, ce que refusaient les responsables des banques. 

Les autres banques locales ne sont pas en meilleur état, les experts étrangers estimant que par exemple la BLOM BANK nécessiterait une recapitalisation à hauteur de 11.9 milliards de dollars par exemple.

Selon certaines sources, la Banque Audi nécessiterait jusqu’à 11 milliards de dollars pour être recapitalisée en raison des pertes induites par l’état de défaut de paiement sur les eurobonds, le possible état de défaut sur les obligations libellées en livres libanaises mais également le quasi-arrêt des activités bancaires induit par le contrôle informel des capitaux unilatéralement instauré par l’Association des Banques du Liban en novembre dernier.

Au total, les 14 premières banques libanaises à elles-seules nécessiteraient une injection de 65 milliards de dollars, bien au-delà des possibilités d’aide économique estimée à 26 milliards de dollars. Aussi, les haircuts sur les eurobonds ou encore sur une partie des obligations libanaises semblent devenir inévitables, en dépit de la hausse des fonds propres sur décision d’une circulaire de la Banque du Liban.

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