Assad et Kissinger
Assad et Kissinger

Est-ce le chien américain qui bouge sa queue israélienne ou le contraire ? D’après le titre, les Américains pensent que c’est la queue israélienne qui est le maître du chien américain. Le discours de Netanyahou devant le Congrès des Etats-Unis a montré qu’ils ont raison.

Par contre, lorsque Henri Kissinger a visité Hafez el Assad en 1973 et en est sorti déclarant : Hafez el Ássad est le Bismarck du Moyen-Orient, et qu’en 1974, les Libanais juifs ont commencé à vendre leurs biens et à quitter le Liban, les Libanais prirent peur et crurent que c’est l’Amérique qui préparait un désastre pour le Liban, pour des buts et des intérêts américains.

En effet, ne pouvant pas battre l’Union soviétique par une guerre extérieure, à cause de l’équilibre nucléaire, il était question de la faire imploser en créant fanatisme et guerres de religions aux frontières de l’URSS et quoi de mieux, disait-on que de la provoquer dans un pays habité par 18 confessions différentes, dont la juive.

Seulement, on avait oublié qu’Israël aussi avait un intérêt certain à se débarrasser du Liban qui était pour lui l’ennemi, car c’était une démocratie partageant le pouvoir entre dix-huit communautés, antithèse de ce que veut être Israël, état juif ”pur” et, de plus, le Liban était riche (ses banques étaient pleines de l’argent du pétrole), beau, aimable et aimé de tous, contrairement à Israël. C’est la jalousie qui a fait de Caïn un assassin de son frère.

Les guerres libanaises commencèrent donc, avec les Américains et les Israéliens, appuyant les milices chrétiennes, tandis que leurs clients pétroliers du Golfe alimentaient les Palestiniens et la population sunnite, alors que les pauvres gens du Sud, en majorité chiites, ne savaient plus à quel saint ou dieu se vouer, car ils étaient maltraités, à la fois, par les Palestiniens et les milices chrétiennes, à la solde d’Israël. C’est pour cela que, lorsqu’en 1982 les Israéliens envahirent le Liban, ils furent accueillis avec des fleurs et des jus de fruits par les chiites, qui couraient autour des chars israéliens, n’arrivant pas à contenir leur joie.

Cette joie fut de courte durée, car les Israéliens ne venaient pas en libérateurs mais en occupants, oppresseurs et purificateurs ethniques. De même, l’espoir créé par les troupes multinationales qui débarquèrent au Liban, à ce moment-là, se transforma rapidement en désespoir, qui fut à l’origine de la création de la résistance libanaise, le Hezbollah.

Tout fut alors fait pour le détruire, dont la recherche de contrôler les banques libanaises, contrecarré au début par Roger Tamraz, président d’Intra, à ce moment-là ; il fut donc kidnappé et ses banques européennes mises en faillite et celles libanaises rachetées par les émirs du Golfe. L’envoi au Liban, de Rafiq Hariri, milliardaire, devenu saoudien, devait tellement endetter le gouvernement libanais, aux banques achetées par les investisseurs pétroliers, qu’il serait forcé d’obéir aux desiderata OTAN, Golfe, Israël, qu’il devrait détruire le Hezbollah avec son armée.

Manque de peau, le Commandant des forces armées, le général Emile Lahoud, refusa d’obéir aux ordres, refusant ”d’empêcher les Libanais de rentrer chez eux, dans leurs foyers” et le Président syrien, Hafez el Assad, mis au courant, l’appuya. Emile Lahoud fut ensuite élu Président de la République et Rafiq Hariri devint impuissant, donc inutile, et assassiné, probablement, par ses employeurs israélo-américano-saoudiens, car sa mort pouvait servir à accuser le Président Lahoud et les Syriens et provoquer la ”Révolution du Cèdre”, qui se déclencha en 2005 ; mais, si la Syrie dut quitter le Liban, le Président Lahoud tint bon jusqu’au dernier jour de son mandat, en 2008, tandis que les Israéliens, déjà chassés du Liban en l’an 2000, se faisaient battre, encore une fois, en 2006, malgré leurs avions, leurs chars et leur armée ”invincible” qui avait vaincu toutes les armées arabes réunies (car probablement commandées par des laquais de l’Occident).

Entretemps, bien avant 2001, les Américains avaient planifié la destruction de l’Iran, de la Syrie, de l’Irak, de la Libye, de l’Egypte… (General Wesley Clark dixit). Pourquoi ?

Pour moi, en bon montagnard libanais, toute l’idée est de défaire ce maudit Liban, qui ne veut pas mourir et s’accroche à ses libertés, tant et si bien qu’il a résisté contre, sinon battu, tous les plans israélo-américains de l’asservir, détruisant ainsi leur image de couple irrésistible.

Ils avaient espéré affaiblir notre résistance en détruisant la Syrie et envahissant le Liban par des Syriens jihadistes et des terroristes de toutes nationalités. Ils semblent avoir échoué à détruire la Syrie.

Le prochain chapitre sera-t-il, par contre, une guerre au Liban ou d’autres moyens pour le détruire ? Le Libanais s’en fiche de qui commande le couple israélo-américain ; Il s’en fiche qui de l’Américain ou de l’Israélien est un chien et qui des deux est sa queue ; ce qui l’intéresse, c’est comment leur résister. Car pour lui, il est hors de question de vivre sans liberté.

Roger Akl

1 COMMENTAIRE

  1. Toujours le même aveuglement, les israéliens n’ont- qu’une seule ambition au Liban, que le Liban devienne ce qu’il aurait toujours du rester, la Suisse du Proche Orient, un pays indépendant, neutre et bienveillant envers tous ses voisins.
    Le Liban n’aurait jamais du se mêler du conflit paletinien, où il n’a que des coups à prendre et rien à gagner, il n’aurait pas du intervenir dans la guerre civile Syrienne, où il n’a que des vies à perdre.
    Le Liban devrait chérir la paix, et ne pas suivre les complotistes qui imaginent des complots contre lui qui n’existent que dans leur imagination.

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