Yuval Steinitz s’adresse à Michel Aoun: une joyeuse fête de l’indépendance et aussi une sortie rapide de la crise que vous traversez

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Le ministre israélien de l’Énergie Yuval Steinitz s’est directement adressé lundi au président Michel Aoun via Twitter en arabe, adressant ses voeux à l’occasion du 77ème anniversaire de l’indépendance du Liban mais également ses souhaits de voir le Liban se rétablir rapidement sur le plan économique.

Cher Président du Liban, Michel Aoun, tout d’abord, malgré l’état actuel des relations entre nos deux pays, je voudrais souhaiter au peuple libanais non seulement un joyeux jour de l’indépendance, mais aussi une sortie rapide de la crise que vous traversez.

Yuval Steinitz a appelé à des négociations directes entre le Liban et israël, dans un pays européen afin de résoudre l’épineuse question de la délimitation des zones maritimes exclusives entre les 2 pays, un dossier qui est actuellement sur la table depuis l’ouverture de négociations le 14 octobre dernier entre Israël et le Liban via une médiation américaine et sous les auspices de la FINUL.

Je suis convaincu que si nous pouvions nous rencontrer face à face dans l’un des pays européens afin de mener des négociations ouvertes ou secrètes, nous aurions une bonne occasion de résoudre le différend sur les frontières maritimes une fois pour toutes.

Le ministre israélien a cependant accusé la partie libanaise d’avoir changé de position concernant la frontière maritime à de nombreuses reprises au cours des 15 dernières années, notant que le président de la république ne connaitrait pas tout dossier en raison de changements de leadership.

Cette « diplomatie de Twitter » intervient au lendemain de la publication par l’armée israélienne, d’une courte vidéo souhaitant à la population libanaise que leur pays redevienne « la Suisse du Moyen-Orient », loin du « projet iranien« .

Eclairage

Image Revendication Israël Liban Carte

Pour rappel, à l’origine de ce problème, les négociations entre le Liban et Chypre en 2011. Le point de départ de la zone a été fixée arbitrairement par les 2 pays au point 1 des frontières.
Par conséquent, l’Etat Hébreu a décidé de poursuivre la délimitation de ses frontières maritimes au point 25 selon ses mesures qui correspond au point 1 pour le Liban.
Cependant le Liban estimait dès le départ que le point de départ de sa zone d’exclusivité économique se situait au point 0, selon Beyrouth ou 23, selon l’état hébreu et situé à 17 km au sud du point 1 , fixé lors des négociations entre Tel Aviv et Nicosie.
Ainsi est délimité un triangle allant du point B1 situé à Ras al Naqoura au point 0 puis au point 1.
Cette zone est revendiquée par les 2 états, le Liban et Israël. Elle couvre ainsi plus de 800 kilomètres carrés. Une partie des blocs 8, 9 et 10 se trouvent ainsi au centre de la polémique.
La situation s’est aggravée par la découverte d’un potentiel important de gisements gaziers et pétrolier dans cette zone.
Le Liban indique disposer de cartes prouvant que la zone lui appartiendrait.

Par ailleurs, la ligne Hoff du nom du médiateur américain qui s’était déjà saisi du dossier en 2011 et que Beyrouth avait déjà rejeté, accorde 560 kilomètres carrés au Liban et le solde à Tel Aviv.

En 2019, alors que des négociations semblaient pouvoir être relancées entre le Liban et Israël, elles se sont brusquement interrompues pour des raisons jusqu’à présent inconnues. La tension entre les 2 pays est également montée d’un cran avec la découverte de tunnels traversant la ligne bleue, ligne de démarcation entre les 2 pays.

Le 14 octobre, des négociations entre le Liban et Israël s’ouvrent au QG de la FINUL à Naqoura et en présence du médiateur américain, le sous-secrétaire d’état des Etats-Unis, David Schenker, et sous les auspices du coordinateur spécial de l’ONU au Liban Jan Kubis.

Tel Aviv, faisant part de l’existence de 2 îlots dans son territoire – des îlots inhabités – situés non loin des côtes israéliennes aurait également aurait également étendu ses revendications sur les blocs libanais.

Au cours du 3ème round de négociation qui s’est déroulé le 28 octobre, le Liban aurait ainsi durci sa position et informe la délégation israélienne au sujet de ses nouvelles revendications, élargissant la zone maritime exclusive à 1 430 kilomètres carrés supplémentaires au détriment d’Israël, en prolongeant d’une ligne droit la frontière terrestre. Cette zone comprendrait plusieurs champs gaziers déjà découverts et attribués par Israël à une compagnie d’exploitation grecque. Ces demandes libanaises devraient ainsi geler l’exploitation de ces champs jusqu’à conclusion d’un accord.
Il s’agit pour le Liban de n’effectuer aucune concession sur ses zones maritimes alors qu’Israël en revendiquait préalablement une partie, notent certaines sources, qui s’attendent à ce qu’un accord puisse être conclu avant la fin de l’année, accordant toute la zone originale au Liban.

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