3 minutes à lire

13 avril…

Le jour où nous avons basculé vers l’enfer !

40 ans de guerre …

Et les libanais sont de plus en plus déchirés entre eux …

Toujours pas de Président à la tête du pays !

40 ans ! C’est toute une vie qui passe dans l’angoisse et le désespoir…

La guerre continue même si le bruit des canons et des obus s’est calmé.

Les acteurs de la guerre d’hier sont les maîtres d’aujourd’hui.

Chacun prenant part à sa communauté et chacun s’emparant de ses fidèles avec cruauté.

Vous, croyants en eux et eux, croyants en leur festin…

Le pays n’est plus ce qu’il était et je me demande ce qu’il faut vraiment regretter ?

Entre hier et aujourd’hui, le son des canons s’est calmé mais la douleur est aussi profonde car la guerre a frappé les esprits.

Responsables des milices d’hier, ils sont vos maîtres d’aujourd’hui.

40 ans après … Vous êtes sans Président !

Est-ce un anniversaire de douleur ou d’espoir qu’il faudra commémorer ?

En 40 ans, nous sommes encore loin du compte.

L’espoir d’une paix profonde s’enlise entre silence et appétence

Avant, l’adolescent en nous, génération flambeau, on criait notre peur…

Car il faut avouer que nul ne pouvait faire face à ce bruit terrible de la destruction.

40 ans après, même si les traces visibles de la guerre se sont estompées sur les bâtiments, elles sont de plus en plus gravées en nous, dans nos rides et dans les secrets de nos rires.

Une guerre transmise dans nos gènes, à nos enfants.

Une guerre qui a changé de visage mais qui fait autant de ravage …

Une guerre qui a laissé place aux stéréotypes engendrés par des prototypes qui font leurs dégâts massivement et qui sont aussi destructeurs que le passage des obus.

Ils raflent tout sur leur passage … Nul besoin d’affranchissage.

Démolissage, matraquage et de la haine dans leurs messages …

Nous saignons au quotidien et notre sang est devenu blanc transparent.

Nos jours, des tableaux de maîtres peints sans vernissage.

Et l’encre qui trace notre histoire s’écrit par le saignement de ce sang limpide, transparent.

Telle la sueur du front et les larmes des yeux, on saigne étouffant davantage nos cœurs.

40 ans de guerre et toute une vie qui passe entre carapace et impasse.

Une vie en surface, sans un réel face-à-face et sans volte-face.

On se surpasse. Certains avancent, d’autres devancent.

On fait notre vie et on prend le pli.

D’un pli à un autre et c’est l’oubli…

L’oubli d’un hier sans  lendemain.

La guerre nous a changé, nous a fait espérer, mais surtout nous a transformé.

Notre héritage s’est estompé. Nous ne sommes plus ces libanais d’hier …

Et la génération de nos enfants a perdu tous nos repères …

Une génération née de ce tableau de partage politique acrobatique, scellé entre ces chefs “patriotiques” mercatiques, qui en 1975 étant chefs de milices sont aujourd’hui chef de partis et responsables politiques.

Les obus d’hier sont les missives d’aujourd’hui.

Chacun se partageant un clan et ouvrant boutique

A Chacun son journal, sa télé, son clan audiovisuel

Et la danse du feu des obus dans le ciel de minuit a laissé place aux dégâts instruis

À suivre

Jinane Milelli

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité marche uniquement sur un ordinateur. Ceci n’est pas un espace pour les commentaires. Les commentaires sont disponibles plus bas.

Jinane Chaker Sultani Milelli
Jinane Chaker-Sultani Milelli est une éditrice et auteur franco-libanaise. Née à Beyrouth, Jinane Chaker-Sultani Milelli a fait ses études supérieures en France. Sociologue de formation [pédagogie et sciences de l’éducation] et titulaire d’un doctorat PHD [janvier 1990], en Anthropologie, Ethnologie politique et Sciences des Religions, elle s’oriente vers le management stratégique des ressources humaines [diplôme d’ingénieur et doctorat 3e cycle en 1994] puis s’affirme dans la méthodologie de prise de décision en management par construction de projet [1998].