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Lettre ouverte

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Chers bourreaux de la guerre imposée aux Libanais,

Vous êtes libres de choisir votre destin. Libres de croire au martyre. Libres de considérer que la mort pour une cause dépasse la vie elle-même. Cela relève de votre conscience, de votre foi, de votre vision du monde. Mais il existe une limite absolue que nul homme, nul parti, nulle milice, nulle idéologie n’a le droit de franchir : vous n’êtes pas libres d’imposer ce choix aux autres Libanais.

Le peuple libanais n’est pas né pour servir de chair à canon à des guerres permanentes, à des stratégies régionales, à des affrontements qui dépassent ses propres intérêts nationaux. Les Libanais ont le droit de vivre. Le droit de travailler. Le droit d’élever leurs enfants sans entendre chaque jour le bruit de la guerre planer au-dessus de leurs têtes. Le droit de dormir sans craindre qu’une décision prise dans l’ombre ne transforme leur maison en tombeau.

La vie n’appartient ni à vous, ni à un parti, ni à une idéologie armée. La vie est un prêt sacré de Dieu. Et la liberté de préserver cette vie est tout aussi sacrée. Aucun homme ne peut venir exiger d’un autre qu’il meure pour une vision politique qu’il ne partage pas. Aucun homme ne peut confisquer le destin d’un peuple entier au nom d’une logique de sacrifice permanent.

Le Liban n’est pas un champ d’expérimentation pour les rêves révolutionnaires des uns ou les ambitions géopolitiques des autres. Le Liban est une nation épuisée, saignée, ruinée par cinquante ans de guerres, de milices, d’ingérences et de logiques où la mort fut trop souvent glorifiée tandis que la vie était humiliée.

Il existe une différence fondamentale entre celui qui accepte librement de mourir pour ses convictions et celui qui entraîne malgré eux des millions d’êtres humains dans le risque de destruction. Le premier engage sa propre existence. Le second engage celle des autres sans leur consentement. Et cela n’est ni héroïque, ni sacré : cela devient une confiscation de la liberté collective.

Aucune communauté libanaise n’a le droit de prendre le Liban entier en otage. Aucun chef politique ou militaire n’a le droit de décider seul du sort de chaque famille chrétienne, sunnite, chiite, druze ou laïque vivant sur cette terre. Le Liban appartient à tous les Libanais, pas à une logique de guerre perpétuelle.

Le véritable courage aujourd’hui n’est peut-être plus dans la glorification du martyre. Il est peut-être dans l’acceptation enfin d’une vérité simple : un peuple a aussi le droit de vivre. De reconstruire. De respirer. De choisir la paix sans être accusé de trahison. De refuser de mourir sans être accusé de faiblesse.

Et souvenez-vous d’une chose essentielle : aucun peuple ne peut éternellement vivre sous le poids de la peur, du sacrifice imposé et de la guerre permanente sans finir par se briser de l’intérieur. Les nations ne meurent pas seulement sous les bombes ; elles meurent aussi lorsque la vie humaine cesse d’être sacrée et que le droit de vivre librement devient secondaire face aux idéologies armées.

Le Liban n’a pas besoin de nouveaux martyrs. Il a besoin d’enfants qui grandissent, d’universités qui enseignent, d’entreprises qui renaissent, de familles qui restent sur leur terre au lieu de fuir l’exil ou les cimetières. Il a besoin d’un État qui protège la vie au lieu de banaliser la mort.

L’Histoire jugera sévèrement ceux qui auront transformé une nation de culture, de commerce, d’intelligence et de lumière en terrain de confrontation permanente. Mais elle honorera aussi ceux qui auront eu le courage de dire non à la fatalité de la guerre.

Car il existe une vérité plus grande que toutes les armes et toutes les idéologies : un peuple libre ne naît pas dans le culte de la mort, mais dans la défense intransigeante de la vie.

Bernard Raymond Jabre

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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