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Si 2018 était une année chargée d’émotion, que dire de 2019… l’année pivot où beaucoup de choses se sont jouées, des meilleures comme des pires et du réveil de la conscience pour le Liban.

En preuve, la population libanaise a désormais pris conscience des vastes défis auxquels elle doit faire face, par la crise économique notamment ou la pollution.

L’article le plus lu de cette année sur Libnanews.com a été en effet consacré à la pollution:
17 294 cas de cancers ont été ainsi déclaré pour le Pays des Cèdres, dont 3 219 cas de cancers du sein, 1 820 cas de cancers de la vessie et 1 641 cas de cancers du poumon selon une étude publiée cette année, dont une grande partie aurait des origines environnementales.

Parmi les articles les plus lus également, pour alléger un peu la suite, l’escapade amoureuse du Premier Ministre désormais sortant Saad Hariri avec une modèle bikini sud-africaine blonde. Il s’agit de l’affaire Candice van der Merwe.

La politique (traditionnelle) au Liban a été marquée par son lot de crises habituelles mais également d’assassinats qui fait craindre le pire.

On se souviendra de l’affaire Abou Fakher, une personne que certaines rumeurs indiquent qu’i aurait été éliminé pour des raisons de lutte contre la corruption. Il s’agit du 2ème article le plus lu sur Libnanews.com

En parlant et évoquant la déstabilisation du Liban, l’actualité a été aussi marquée par des incidents tant internes – avec celui de Qabr Chamoun – que régionaux, alors que les forces israéliennes ont continué à utiliser l’espace aérien libanais pour bombarder la Syrie, que des négociations devaient avoir lieu pour délimiter les frontières terrestres et maritimes au début de l’été et dont on est sans nouvelle aujourd’hui, et des découvertes de tunnels au Sud du Liban, se prolongeant sous la ligne bleue et des menaces …

Ainsi, en septembre, selon un site israélien, le secrétaire d’état américain, Mike Pompeo s’est aligné sur les positions israéliennes, appelant les autorités libanaises à éliminer le complexe de Nabi Chit ou à faire face à une attaque israélienne soutenue par les USA. 

Cependant, il y a eu, sur ce front, aussi de bonnes nouvelles et ici, nous revenons sur le thème écologique, comme le rappel de la condamnation de l’ONU par rapport au fait de payer plus de 856 millions de dollars au Liban pour avoir visé de manière volontaire les installations de stockage de la centrale électrique de Jiyeh à 20 km au Sud de la capitale Beyrouth, le 6 août 2006, chose qu’elle n’a toujours pas effectuée.

Le port de Byblos, victime de la marée noire engendrée par la pollution en 2006 illustre cet article. Evidemment, il convient aussi de souligner la beauté de cette ville actuellement qui a eu amplement le temps de s’en remettre aujourd’hui.

Par ailleurs, évidemment, l’année 2019 a été marquée par le début de l’effondrement économique qui n’est malheureusement pas encore achevé. Les libanais ont eu l’occasion d’apprendre de nouveaux mots, comme celui de haircut, ou décote en français. Aussi, l’actualité a été marquée par d’abord le déni des autorités tant politiques, économiques que monétaires face à la crise puis par le choc au sein de la population, désormais confrontée à de sérieuses mesures de limitation des mouvements de capitaux pour un pays qui a pourtant toujours prôné une libre circulation de l’argent comme modèle économique.

En effet, à partir de novembre, face à l’importante crise de liquidité, l’Association des Banques du Liban a décidé d’imposer une limitation des retraits à 1 000 USD par semaine et a décidé de ne permettre les transferts à l’étranger que dans des cas « d’urgence personnelles ». 

Ne pas lier cet effondrement économique aux manifestations qui se déroulent depuis la nuit du 17 au 18 octobre 2019 serait évidemment une erreur. Confronté à une importante diminution de ses revenus et faute de pouvoir taxer les profits bancaires, le gouvernement avait alors décidé de l’instauration d’une taxe WhatsApp. Une manifestation a eu lieu contre cette décision au centre-ville et ses participants ont été confrontés aux gardes du corps du ministre de l’éducation Akram Chéhayeb qui ont tiré en l’air puis aux pieds des manifestants.

On connait la suite, blocage des routes, ras-le-bol généralisé vis-à-vis d’une classe politique rejetée dans son ensemble par une grande partie de la population qui dénonce la corruption, le clientélisme et qui l’accuse de l’avoir conduit à la crise économique.

Pourtant l’espoir de changements radicaux au sein de la société civile se manifestent. Cette révolution, même si elle passe par un moment d’essoufflement aujourd’hui, fin d’année oblige et probablement reprendre un souffle de plus belle quand le citoyen libanais sera directement confronté à la dévaluation, à la décote et à la restructuration de la dette publique, elle a réussi à dépasser les clivages traditionnels comme ceux du confessionalisme. Le Libanais manifeste aujourd’hui au-delà de sa religion, au-delà de son territoire confessionnel. Les gens de Tripoli au Nord du Liban rejoignent ceux du Sud du Liban sur les mêmes demandes.

Des progrès, il y en a eu, notamment dans le secteur judiciaire où des tabous ont été brisés par la lutte contre la corruption où encore l’élection d’un nouveau bâtonnier dont l’une des premières mesures a été de dépêcher 500 avocats le dimanche 22 décembre 2019 pour aller vers toutes les prisons sur le territoire libanais pour s’enquérir de la réalité de leurs statuts judiciaires.

L’un des principaux combats de la société civile actuelle est également l’instauration d’un statut civil personnel et l’année 2019 a été marquée par une avancée, symbolisée par un mariage en juin et cela en dépit de l’opposition des dirigeants des communautés religieuses à une telle union.

Nous ne pouvons que réitérer nos voeux de bonheur et que de nombreux autres couples puissent également s’unir par amour.

Il convient également de ne pas oublier ceux et celles qui nous ont quittés cette année, ces inconnus comme ce père de famille, victime de la crise, qui n’avait pas pu payer un manouché à sa fille, car criblé par les dettes.

Il ne s’agit pas non plus d’oublier les autres victimes des fléaux que nous sommes quotidiennement contraints de subir, comme la pollution, qui peut toucher n’importe qui, célèbre ou inconnue, comme une ancienne candidate de Miss Liban également partie trop tôt.

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