Des taux records de certains types de cancers ont été constatés au Liban selon une étude de l’Observatoire Global du Cancer, (IARC). 17 294 cas ont été ainsi déclaré pour le Pays des Cèdres, dont 3 219 cas de cancers du sein, 1 820 cas de cancers de la vessie et 1 641 cas de cancers du poumon.

Les cas de cancers de la vessie et du poumon auraient ainsi triplé ces dernières années.

Le Liban serait ainsi au premier rang mondial pour ces maladies devant la Grèce, le Danemark, la Hongrie et les Pays-Bas.

Le Ministre de la Santé Jamil Jabak a révélé ces chiffres au cours d’une conférence concernant la campagne antitabac qui s’est déroulé à l’Hotel Dieu de France.

Ces cancers auraient principalement des origines environnementales.

Ces propos interviennent alors que son prédécesseur, Ghassan Hasbani avait estimé en 2018 à 6 000 le cas de cancers directement liés à la pollution.

En 2019, une étude avait également liée les taux importants de cancers à la pollution dont souffrent certaines localités. Ainsi, la localité de Chékaa, située au Nord Liban, avait été décrite comme étant la plus polluée du Liban. À la seconde place, Bar Elias dans la Békaa. Beyrouth n’atteint que la 3ème place de ce classement. Le classement de la localité de Chékaa s’explique par la présence de cimenteries, de carrières les alimentant et polluant l’air, l’eau, ainsi que les plages.

Autre responsable de cette hausse, la mauvaise gestion des ordures depuis la fameuse crise de 2015. Une étude de l’Unité de recherche concernant la qualité de l’air au Liban en 2015, avait noté une augmentation sans précédent de différentes substances cancérogènes dans l’air ambiant, résultants de l’incendie volontaire des déchets.

Dans une autre étude intitulée « C’est la mort que nous respirons’ : Risques liés à l’incinération des déchets au Liban« , des risques concernant la santé de la population avaient également été relevés.

Plus de précisions

Ainsi le Ministre de la Santé actuel, Jamil Jabak, indique que les taux de cancers seraient directement liés à la pollution malheureusement constatée au Liban. Jamil Jabak a ainsi déploré que les lois existent sans être appliquées, comme la loi 174 adoptée en 2012 et qui interdit de fumer dans les lieux publics.

L’application de cette loi avait été assouplie par l’ancien Ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, suite aux pressions des propriétaires de bar à Chicha, plus connu sous le nom de Narguilé au Liban.

Le Ministre a indiqué que le coût des maladies chroniques, dont les cancers font partis, atteignent 200 millions de dollars annuellement. Le traitement des maladies liées au tabagisme représenterait ainsi un coût plus important pour les finances publiques que le retour sur investissement des bars à Narguilé.

Pour rappel, la décision du gouvernement d’imposer une taxe de 1 000 LL par narguilé a provoqué une polémique, certains rappelant que cette consommation est interdite dans les lieux publics. Le projet du gouvernement était ainsi considéré comme une manière de légaliser une pratique pourtant illégale.

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