Certes, dès qu’on entre dans Baalbeck on se sent pris par les bruits et le va et vient des voitures, des gens et surtout par un urbanisme presque étouffant. Mais le soleil donne à cette cité une dimension surréelle. Elle semble noyée dans un bain de lumière éblouissante à tel point que ses pierres partout paraissent dorées. C’est la cité du soleil ou l’Héliopolis des grecs et des romains. Les représentations sur pierres de bustes d’un jeune homme couronné de rayons de soleil admirées aujourd’hui au Musée National rappellent la vénération du dieu soleil Hélios à Baalbeck.

Au moment où l’on arrive à l’entrée de la vieille ville au niveau du fascinant Hotel Palmyra, on tombe sous le charme d’un spectacle fabuleux. Les coupoles luisantes de la mosquée chiite de Sayeda Khawla et ses deux minarets élancés, la statue du grand poète Khalil Moutran au milieu de la place,  et cette vue fascinante des restes de la ville romaine qui s’étendent à gauche de la route et se détachent sur un fond d’une chaîne de montagnes forment un ensemble orchestré par des siècles d’histoire. Mais c’est surtout cette acropole romaine que les pèlerins repéraient de très loin qui reste magistrale. Les six colonnes emblématiques ne sont qu’une partie du péristyle de cinquante-quatre colonnes qui durant des siècles ont entouré le temple de Jupiter. Il serait juste de dire que les dieux n’ont jamais quitté leurs domaines puisque ces pierres de tailles gigantesques ne sont que l’expression fervente du sacré.

Des pierres à couper le souffle sont à la carrière romaine située au sud de la vieille ville. Les récentes fouilles archéologiques ont mis à jour un mégalithe de plus que mille tonnes ainsi que des tombes creusées dans le roc de la carrière.

Mais à Baalbeck il n’y a pas seulement les vestiges. Ses traditions culinaires sont l’image du mode de vie de ses habitants, de la plaine et de ses produits. Les gestes et les ustensiles employés dans la préparation de la cuisine font aussi partie des traditions transmises à travers les siècles.  La sfiha serait la plus typique des nourritures de la ville. Ces pâtes carrées farcies de viande de mouton et de tomates figurent parmi les délices  incontournables à Baalbeck. Il y aussi cette labneh appelée ambriz faite de lait de mouton et de chèvre et que les femmes préparent en été et la gardent six mois dans des amphores en terre cuite. Le pain cuit dans le tannour est aussi une tradition à Baalbek. Le tannour est un four vertical qu’on trouve au Moyen-Orient depuis des siècles. Le pâton est aplati à la main puis collé sur la paroi intérieure du four. Sa cuisson est de quelques secondes seulement. Abou Ali et Mona Awada cuisent le pain dans un tannour à bois depuis trente ans. Leur petite « boulangerie » se situe en face de la route qui mène à la carrière romaine. Mona étale le pâton et Abou Ali lui donne un tour de main, un peu comme un pizzaiolo ! Tout à Baalbeck communique des émotions et inspire les esprits assoiffés d’esthétique.

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