Il n’y a pas si longtemps que nous étions surpris d’apprendre que le gouvernement avait annoncé un ministère d’État aux affaires de la femme, puis nous avons été ridiculisés dans le monde entier après avoir appris que notre nouveau ministre était un homme.

« Me nommer Ministre d’État pour les affaires de la femme a été une surprise et aujourd’hui, c’est devenu un défi », avait déclaré Jean Ogasapian. « J’ajoute ma voix à celle des femmes libanaises et Arabes qui luttent et accomplissent de nombreuses réalisations … pour accorder aux femmes leurs droits complets ».

Le ministre a présenté une feuille de route pour les objectifs du ministère, et qui consiste à assurer l’égalité d’accès des hommes et des femmes à tous les droits civils, économiques, sociaux, culturels et politiques ainsi que d’habiliter les femmes à renforcer leur potentiel et à développer leurs capacités.

Il a ajouté que les objectifs du ministère sont de mettre fin à la discrimination et à la violence à l’égard des femmes et à accroître leur rôle dans la vie politique et économique.

Le ministre a également promis de coopérer avec la société civile et les organisations de défense des droits humains dans le but de développer le rôle des femmes dans la société.

Ogasapian a annoncé que son ministère a réussi à établir une hiérarchie claire, a nommé une équipe et a établi un site Web en plus de poursuivre onze projets de loi dans les comités parlementaires et soumettre quatre décrets au Cabinet pour les délibérations.

Le premier ministre d’État pour les affaires de la femme a aussi insisté sur le fait qu’un quota de femmes dans les prochaines élections devrait être prévu pour les sièges parlementaires plutôt que sur les candidatures.

Les militants des droits de la femme ont longtemps exercé des pressions pour qu’un quota de 30 p. 100 de représentation féminine soit inclus dans une nouvelle loi électorale. À l’heure actuelle, quatre des 128 députés sont des femmes, alors que le gouvernement de 30 membres du Premier ministre Saad Hariri comprend une ministre, le ministre d’État au Développement administratif, Inaya Ezzeddine.

Le Liban fêtera donc sa première Journée libanaise des femmes le 4 novembre de l’année prochaine. En choisissant cette date, le ministre des Affaires de la femme a noté : « J’ai choisi le 4 novembre parce que, ce jour-là, un décret a été signé par le gouvernement Libanais qui a donné aux femmes le droit de vote pour la première fois ». Cette Journée libanaise de la femme vise à reconnaître et à comprendre la « lutte des femmes au Liban », a noté Ogasapian, en disant « nous voulons montrer ce que les libanaises ont fait pour le pays. »

Il convient de noter que les libanaises ont eu le droit de vote avant la Suisse de près de vingt ans. Cependant, ce fut probablement la seule progression notable en termes de droits des femmes depuis l’indépendance libanaise en 1943.

Bien qu’un petit pas, nous espérons qu’il est dans la bonne direction.

Bouchra Doueihi