Au cours d’une réunion qui s’est tenue à la chambre de commerce de Beyrouth, le Président de l’Association des Commerçants de Beyrouth a estimé à 50% le nombre de magasins et d’entreprises qui pourraient fermer d’ici la fin de l’année en raison de la crise économique qui ravage le Liban.

Selon Nicolas Chammas, 25% des entreprises seraient déjà mises en faillites cette année à Beyrouth seulement. Une proportion identique pourrait choisir de quitter les affaires, les 6 mois à venir en raison d’une perte totale concernant le système bancaire et financier local, souligne le président de l’Association.

Ces propos ont été tenus à l’issue d’une réunion des différentes chambres de commerce et de différents syndicats de commerçants libanais. Etaient présents les représentants des chambres de commerce de Saïda, de Tripoli, du Mont Liban, du Akkar, de Zahleh et de Nabatieh.

Nicola Chammas met en cause la perte de confiance mais également l’instabilité économique et politique comme responsables de la crise actuelle et de la chute des transferts de fonds de la diaspora et des investissements étrangers.

Le taux de chômage pourrait ainsi encore augmenter de manière exponentielle comme il a déjà augmenté depuis octobre 2019.

Nous rejetons et dénonçons également totalement l’affirmation erronée selon laquelle tous les malheurs actuels du déficit et de la dette du Liban résultent de la structure de notre libre-échange

Il s’en est également pris au gouvernement libanais qui espère obtenir du Fonds Monétaire International une aide économique de 10 milliards de dollars depuis l’annonce d’une mise en état de défaut en mars dernier sans avoir réussi à mettre en place des réformes économiques et monétaires jusqu’à présent. Il estime que le secteur privé fait face à d’importantes pertes en raison de l’effondrement économique que subit le Liban.

Parmi les origines de la crise, la contrebande, le pillage, le gaspillage et aussi le partage entre partis politiques et économiques des ressources du pays. Nicolas Chammas s’en est également indirectement pris au Hezbollah, estimant que certaines positions politiques empêchent l’obtention “d’une aide des pays arabes frères et des pays européens amis du Liban”.

Il a également menacé de représailles les autorités en cas d’un non face aux demandes des commerçants comme la mise en place d’un mécanisme pour l’obtention de devises étrangères pour les commerçants et de quotas pour l’importation de certaines marchandises.

Le Président de l’Association des commerçants a appelé à une réduction de la masse salariale de fonction publique et d’une diminution des dépenses, de l’extension de 6 mois des délais de paiements des prêts bancaires. Il demande également l’annulation de certains impôts comme ceux liés aux revenus, taxes municipales et sécurité sociale. Nicolas Chammas demande le report ou l’annulation de tous les frais liés à l’importation des marchandises des ports ou encore à forcer les opérateurs de centres commerciaux à revoir les locations proportionnellement au chiffre d’affaire.

Pour rappel, certains commerçants s’opposent au plan de sauvetage du gouvernement Hassan Diab qui prévoit l’annulation des agences exclusives afin de limiter le nombre des intermédiaires entre le producteur et le consommateur local. Les autorités souhaitent restructurer l’économie libanaise aujourd’hui devenue rentière en une économie productive avec une production locale voire même exportatrice.

Nicolas Chamas avait débuté sa conférence de presse en dénonçant les incidents qui se sont déroulés la semaine dernière au centre ville de Beyrouth et à Tripoli au Nord du Liban, ainsi que la détérioration du pouvoir d’achat des libanais suite à la baisse de la valeur de la monnaie locale face au dollar.

Il a également rappelé que le secteur privé reste très impacté, outre par la crise économique, également par les mesures visant à réduire la propagation du coronavirus COVID19 au Liban.

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1 COMMENTAIRE

  1. On pourrait comprendre certains commerçants qui répercutent les changements sur certains articles, notamment textiles, mais le consommateur à d’autres priorités que celle d’acheter un tee shirt (basique blanc) à 45000 LL , un bâton de hicking (marche) à 600000 LL !! Quant au dernier modèle de téléphone … à 6500000 LL !!! désolé les banques ne pretent plus.

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