Si 2017 était l’année des merveilles, 2018 promet déjà d’être le Disneyland. Pas plus tard qu’avant-hier, le conseil des ministres nous a offert trois décisions du type montagnes-russes-de-l’enfer, en attendant, ce qui va, avec presque plus aucun doute, être le-train-fantôme-du-tunnel-des-horreurs.

Pour commencer, le projet d’incinérateurs. On nous l’avait bien vendue la campagne contre Sukleen. Sukleen était le gros monstre qui gérait mal tes déchets et te les faisait payer plus cher que lorsqu’ils étaient encore des produits tout frais qui souriaient sur l’étagère du supermarché avec la cherté de vie et la TVA scotchées là où tu sais. On nous avait miroité que l’après-Sukleen serait l’ère de l’or en poubelles et qu’on allait s’enrichir rien qu’en revendant nos déchets recyclés à l’Europe. Si 2017 était l’année du record des plus hautes montagnes d’ordures avec un point culminant de 42 mètres à Tripoli, 2018 sera l’année de l’union des Libanais aux quatre coins (et communautés) du pays autour des feux de camp toxiques des incinérateurs.

Deuxième couleuvre à avaler, l’amnistie générale d’un tas de bonnes gens qui ont volé, planté, dealé, triché… Et bonjour à toi, qui te fais arrêter à l’aéroport parce que tu n’as pas payé la contravention dont tu n’étais même pas au courant. Tu aurais mieux fait de planter quelques hectares d’herbe pour être encore mieux convaincu par l’incohérence de ton zaïm. Quoi qu’il en soit, si tu as planté du hash ou volé des voitures ou de l’électricité pendant des années, heureux sois-tu, car tu seras récompensé et amnistié. Par contre, si tu as oublié de payer ta dernière facture d’électricité, les foudres de la Justice-sur-mesure qu’on nous a concoctée pour les prochaines années de merveilles viendront s’acharner sur ton sort.

Et ce n’est pas fini, le gouvernement, étonné que l’économie aille mal, malgré le fait que, depuis sa formation, la corruption a été complètement annihilée, à tel point qu’aucun cas de corruption n’a été reporté ou puni, a donc décidé d’engager le cabinet américain McKinsey pour comprendre ce qui ne va pas. Que ces experts te disent ou pas que pour passer à l’ère du digital, de PayPal et du commerce électronique, nos banques et notre gouvernement devront s’engager dans des réformes qui vont dans le sens de la transparence et de la réduction des taxes, le rapport de ce cabinet – rappelons-le, américain – va se retrouver dans le tiroir des ingérences internationales nuisibles pour le fragile équilibre communautaire, la démocratie et la répartition des bénéfices.

Tu en veux encore? On a l’impression que nos amis commencent finalement à mieux comprendre que la carotte qu’on leur a tendue et qu’ils croquaient gloutonnement était en fait un bâton. Pourtant, dès le départ, et sans équivoque, Sayyed Hassan a affirmé que, quel que soit le résultat des prochaines élections, le Estez reviendra siéger à la tête du parlement, bien centré en face du Président. Ça aurait dû suffire à leur faire comprendre que, gagné pour gagné, ils avaient tout perdu!

Et maintenant, la chute… Ayant appris à utiliser la calculatrice et le tableur Excel, rongés et minés de l’intérieur et de l’extérieur, nos amis, ont réalisé que le vent du changement vient d’ailleurs et, comme celui du Costa Brava, il ne sent pas frais. Carte biométrique, méga-centres, pré-enregistrement, de complication en complication, chaque zaïm essaie de modeler la procédure électorale à son avantage. Et, avec tous les obstacles qu’ils construisent pour nous empêcher de voter, dans le Disneyland qu’ils te promettent, Cendrillon, c’est toi, et le gentil beau prince, eh bien, franchement, si tu veux mon conseil, et malgré l’amnistie qui va le déculpabiliser, tu n’as aucun intérêt à te retrouver seul avec lui.

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