Le Premier Ministre sortant, Hassan Diab a publié une déclaration appelant à la formation rapide d’un prochain gouvernement pour faire face à la crise économique et sociale que traverse actuellement le Liban, regrettant l’absence de solution.

Face à la crise actuelle, Hassan Diab juge que la réactivation de son gouvernement passe par l’interprétation du Parlement des textes constitutionnels y référant, soulignant par ailleurs que son cabinet, démissionnaire depuis le 10 août, n’a pas cessé d’expédier les affaires courantes du pays en dépit des limitations de son rôle.

La formation d’un nouveau gouvernement est considérée comme une des conditions préalables à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban.

Il s’agit de la première intervention du premier ministre sortant depuis l’échec des discussions ce lundi entre le Président de la République, le Général Michel Aoun, et le premier ministre Saad Hariri, sur fond de différends toujours importants concernant la distribution des différents ministères.

Le premier ministre désigné Saad Hariri a accusé le chef de l’état de vouloir obtenir un tiers de blocage à l’issue d’une 18ème réunion. Le message d’Aoun est inacceptable parce que le Premier Ministre désigné “n’est pas censé remplir les papiers pour qui que ce soit”, jugeait alors le premier ministre désigné, “mais est celui qui forme le gouvernement”. “J’ai informé Aoun que je considérerai que je n’ai pas reçu la lettre de sa part et je la lui ai retournée”, a-t-il poursuivi, avant d’indiquer avoir remis sa proposition de répartition il y a 100 jours et être prêt à toute modification et compromis y compris au sujet du ministère de l’intérêt, accusant le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son cabinet.

La Présidence de la République avait alors répliqué, publiant ainsi à son tour un document concernant la formation du prochain cabinet et comportant un mécanisme de nomination de 20 ministres sans nom donc sans tiers de blocage contrairement aux accusations du premier ministre désigné Saad Hariri.

Certaines sources estiment que Saad Hariri pourrait retarder l’annonce de formation d’un prochain gouvernement jusqu’à juin prochain, afin d’éviter de porter la responsabilité de la fin du programme de subvention à l’achat des produits de première nécessité et ainsi la dégradation brutale et attendue de la Livre Libanaise qui pourrait alors se produire. 

La déclaration du Premier Ministre Hassan Diab

Malheureusement, environ huit mois après la démission de mon gouvernement, les efforts n’ont toujours pas réussi à former un nouveau gouvernement pour poursuivre les réformes initiées par notre gouvernement, afin de mettre le Liban sur la bonne voie pour sauver le pays de la crise financière, économique, sociale et de subsistance à laquelle il est confronté. 

Les choses ont dépassé les limites de la logique et de la raison, étant donné que la formation du gouvernement s’est transformée en une crise nationale, ce qui exacerbe la souffrance des Libanais à la lumière de ce cercle vicieux politique effrayant dans lequel on se trouve à la recherche de règlements n’ont pas réussi à faire sortir le pays de l’impasse de la formation du gouvernement. 

Au lieu que tout le monde contribue à la formation d’un nouveau gouvernement, la demande d’activation du gouvernement démissionnaire a augmenté d’une part, et les mises en garde contre la violation de la constitution ont été émises d’autre part, certains nous accusant de ne pas mener les affaires du gouvernement.

La controverse sur les pouvoirs du gouvernement sortant confirme la nécessité d’une interprétation constitutionnelle qui définisse les limites et le rôle du gouvernement démissionnaire à la lumière de la réalité actuelle résultant du retard dans la formation du gouvernement. C’est à l’honorable Parlement qu’il revient de faire une telle interprétation, car il possède exclusivement ce droit, comme il l’a affirmé précédemment.

En ce qui concerne la conduite des affaires, le gouvernement sortant n’a pas hésité à s’acquitter de ses tâches dans la mesure du possible, et le travail ministériel n’a pas cessé dans tous les ministères, ainsi qu’au sein de la présidence du Conseil des ministres.                                

La crise exacerbe et augmente les pressions sur les Libanais. Divers secteurs sont manifestement en difficulté, ce qui est un indicateur de la gravité de la crise qui exige de faire primer l’intérêt national sur toute autre considération.

La formation d’un nouveau gouvernement reste aujourd’hui une priorité absolue, et toutes les parties concernées doivent coopérer pour mener à bien cette mission nationale.

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