Nouveaux choux gras pour les réseaux sociaux libanais qui ont décidément remplacé le téléphone arabe de nos aïeux, circule de manière virale par Facebook, WhatsApp et Twitter, la nouvelle d’une relation extra-conjugale du Premier Ministre Saad Hariri, avec un mannequin bikini Sud Africain poursuivie par la justice de son pays pour fraude fiscale.

Ayant rencontré le Premier Ministre Libanais dans une station balnéaire, indique l’article du New York Times qui dévoile l’affaire aux libanais, – The Plantation Club où elle avait été recrutée par la direction dès l’âge de 19 ans – aux Seychelles à l’âge de 20 ans, Candice van der Merwe aurait subitement reçu un peu moins de 16 millions de dollars, à partir de 2013, comme cadeau du Premier Ministre, les cadeaux n’étant, selon elle, pas imposables.

La justice sud africaine pensait précédemment que ces fonds, d’origine inconnus, provenaient de son père Gary van der Merwe, déjà condamné par la justice à plusieurs reprises pour fraude fiscale. Ce n’est qu’ensuite que les enquêteurs ont été informés de la provenance réelle de cette importante somme d’argent.

Elle aurait ensuite conclu un règlement amiable avec les autorités fiscales en 2016, puis aurait déposé un recours en 2018. Elle aurait également demandé 65 millions de dollars en janvier 2019 des autorités sud africaines en dédommagement pour harcèlement fiscal.

Sa relation avec le Premier Ministre, indique l’article du New York Times, s’est également achevée.

Plus de précisions

Lorsque des enquêteurs du gouvernement ont demandé des informations sur le transfert de 15 millions de dollars sur ses comptes, un responsable de la banque a indiqué « que «l’expéditeur et le bénéficiaire sont un petit ami / une petite amie et sont actuellement ensemble aux Seychelles». »

Sans entrer dans plus de détails, il s’agit tout de même de la vie privée et toute personne a le droit à ce qu’on puisse respecter son espace intime. Il est vrai aussi, comme le souligne l’article du Times, qu’en ces temps de crises au Liban, alors que des sociétés du premier ministre Saad Hariri comme la Future TV qui a dû fermer ses portes après que ses employés aient connu de nombreux retards de paiements de leurs salaires, après la faillite d’OgerSaudi en 2017, on se serait passé de ses révélations et d’apprendre qu’une personne tiers ait pu bénéficier de 16 millions de dollars, alors qu’au Liban même, il existe de nombreuses difficultés de paiement en cette devise pour des marchandises essentielles, comme le blé pour la farine, les médicaments ou l’essence comme on a pu le constater ces derniers semaines.

Cependant, le timing de ces révélations est quelque chose de troublant et ressurgissent à un moment très inopportun pour le Liban.

Il faudrait donc s’interroger pourquoi un journal aussi prestigieux que le New York Times le ressort aujourd’hui quand cette information circulait depuis un certain temps en catimini.

Il ne s’agit en effet pas des premières révélations sur cette relation extra-conjugale. En effet, un article est déjà paru dans la presse Sud Africain dès le 4 décembre 2018, lorsque celle-ci avait porté plainte contre les autorités sud africaines. Cela amène donc à certaines questions sur le timing choisi pour la publication du New York Times.

S’agit-il, à une heure cruciale pour le Liban, de destabiliser le Premier Ministre Libanais alors que se multiplient les défis pour le Pays des Cèdres.

On peut citer pêle-mêle, le refus du Liban du fameux Deal du Siècle du Président Américain Donald Trump et de son gendre. Le Pays des Cèdres refuse en effet toute implantation des réfugiés palestiniens sur son sol. Il y a également son refus signifié aux Etats-Unis de ne pas entrainer le Liban dans une nouvelle guerre civile, comme Saad Hariri l’a bien fait comprendre dans son interview accordée à une chaine de télévision américaine, lors de l’attaque de drones israéliens.

Le Liban fait également face à différentes pressions économiques, avec la fameuse crise du Dollar, les risques de dévaluations de la Livre Libanaise, de défaut de paiement d’un pays endetté à plus de 150% de son PIB ou encore les menaces de sanctions économiques visant les institutions considérées proches du Hezbollah avec qui il coopère au sein du gouvernement d’union nationale.

La liste des défis tant sur un plan local que régional et international est bien longue et le moment est fort mal choisi si ce n’est que dans certain objectif, celui de nuire aux plans de réformes économiques et monétaires, ou de faire avancer un agenda politique qu’on ignore pour l’heure.

Si l’affaire avait dû sortir, elle aurait pu l’être beaucoup plus tôt, puisque cela avait déjà été révélé par certains médias internationaux. S’agit-il de saboter l’action du gouvernement actuel, sachant que l’alternative pour l’heure n’existe pas et que tout retard pris dans la mise en place des plans de réformes nous amènera vers un abime. Pour rappel, le dernier gouvernement a pris 9 mois pour être formé, alors que dès novembre 2019, c’est à dire dans à peine 2 mois, il fera face à la maturité d’obligations sur le trésor libanais pour un montant de 1.5 milliards de dollars auxquels s’ajoutent 500 millions de dollars à verser au titre des intérêts sur d’autres obligations.
Par ailleurs, le temps est compté pour la mise en place du plan de réforme économique CEDRE alors que la crise économique et monétaire s’aggrave comme en témoignent les taux alarmants du spreads entre livre libanaise et dollars, ainsi que les taux d’intérêts qui risquent de fortement remonter, mettant à mal la lutte contre le déficit public.

Toujours est-il qu’au final, on se serait bien passé de toute cette histoire, qui n’a d’intérêt que d’amuser certaines personnes quand d’autres elles, souffrent de difficultés bien réelles dans leurs vies quotidiennes.

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Il ne s’agit pas d’un espace pour les commentaires.

Un commentaire?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.