Les logos du Courant du Futur et du Courant Patriotique Libre
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Le Courant Patriotique Libre a répondu ce mardi au Premier Ministre Saad Hariri, l’accusant d’avoir écarté toute idée positive” concernant la crise de la formation du cabinet et ainsi aggravé la situation politique. Le CPL ferait ainsi allusion au refus du premier ministre désigné de former un gouvernement de 24 membres conforme aux proposition du Président de la Chambre Nabih Berri et de l’ancien député Walid Joumblatt.

“Le Premier ministre désigné reste les bras croisés, car chaque fois qu’une idée positive est proposée, il la contrecarre, le dernier étant le format 24 ministres, qui n’incluait aucun tiers plus une action pour aucun parti. C’est une preuve supplémentaire qu’il ne veut pas former le gouvernement maintenant et qu’il s’échappe, qu’il invente des dates, qu’il déclenche des problèmes, qu’il sape les équilibres et qu’il crée des différends
Il a la responsabilité de dire ouvertement au peuple qu’il ne veut pas former le gouvernement maintenant parce qu’il craint d’assumer les responsabilités de lever les subventions, de délimiter la frontière, d’audit juricomptable, de réformes nécessaires et de décisions difficiles”

Certains sources proches du CPL indiqueraient ainsi que le premier ministre désigné attendrait la fin du mois de juin pour annoncer de nouvelles propositions, soit après la fin du programme de subvention à l’achat des produits de première nécessité par la Banque du Liban, dirigée par un de ses proches, Riad Salamé.

Cette fin du programme de subvention, faute de réserves monétaires disponibles, devrait ainsi augmenter les pressions sur la livre libanaise dont la valeur devrait alors s’effondrer.

Un pays sans gouvernement alors que la crise économique le touche de plein fouet

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission, le 10 août dernier, du premier ministre sortant Hassan Diab.

La formation d’un nouveau gouvernement est considérée comme une des conditions préalable à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban. 

Suite à l’échec de Moustafa Adib à former un cabinet, l’ancien premier ministre Saad Hariri, qui avait pourtant démissionné suite à d’importantes manifestations en octobre 2019, s’est vu être chargé de former un nouveau gouvernement en octobre 2020.

Pour tenter de débloquer la situation, l’ancien premier ministre a promis au mouvement Amal d’attribuer le portefeuille du ministère des finances à un membre de la communauté chiite. Il avait également réitéré que le Liban pouvait se passer d’un état de défaut de paiement, déniant ainsi la gravité de la crise économique cependant vécue par la population, avec 55% de celle-ci vivant désormais sous le seuil de pauvreté alors que la récession économique a atteint 29% selon certains rapports pour l’année 2020.

Cependant, les propositions de Saad Hariri d’un cabinet de 18 membres se heurtent à la présidence de la République, qui souligne que si les communautés chiites et sunnites choisissent leurs représentants, les représentants chrétiens au sein du nouveau cabinet seraient également choisis par le premier ministre désigné. Le Général Aoun estime de fait que les propositions actuelles du premier ministre contreviennent à la fois à la constitution libanaise et au pacte national.

Ce dernier accuse de son côté le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son nouveau cabinet, ce que réfute la présidence de la république.

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