Le Conseil de Sécurité de l'ONU. Source UN News
Le Conseil de Sécurité de l'ONU. Source UN News

Le Liban portera plainte devant le Conseil de Sécurité de l’ONU contre Israël suite à l’utilisation de son espace aérien dans l’attaque de la base T4 de l’Armée Syrienne dans la nuit de dimanche à lundi, a indiqué le Ministère des Affaires Etrangères.

Condamnant cette attaque, les autorités libanaises estiment inacceptable d’utilisation de l’espace aérien libanais alors que le Commandement de l’Armée Libanaise a indiqué dans un communiqué que des avions de combats israéliens ont violé le territoire du Pays des Cèdres à 3h25 du matin, via une pénétration par la localité de Jounieh pour survoler ensuite la localité de Baalbeck dans la Békaa. Ils ont quitté l’espace aérien libanais à 3h35 du matin.

Selon les autorités russe, 5 à 8 missiles auraient ainsi été tirés en direction de la base T4 située entre Homs et Palmyre à partir du Liban. 5 de ces missiles auraient été interceptés par la défense antiaérienne syrienne. Les sources militaires syriennes confirment que ces missiles ont été tirés depuis le territoire libanais par des avions de combat de type F15.

Cette attaque aurait fait 14 morts sur cette base, dont plusieurs militaires iraniens.

Pour rappel, profitant de l’ambiguïté de la situation en raison d’une menace d’intervention américaine contre le régime syrien suite aux accusations d’utilisation d’armes chimiques contre les rebelles syriens de la localité de Ghouta, les autorités israélienne ont mené cette attaque contre cette base hébergeant également des militaires russes dont les avions pilonnent régulièrement les forces rebelles et des troupes iraniennes en charge des drones qui y sont basés. C’est d’ailleurs  de cette base aérienne qu’était parti le drone iranien à l’origine de l’incident ayant abouti à la destruction d’un avion de chasse israélien, le 10 février dernier.

Lors de l’incident du 10 février 2018, un drone iranien lancé à partir de la base T4 située du côté de Palmyre avait tenté de s’infiltrer en Israël. Il a alors été abattu par un hélicoptère de combat. La décision de détruire le centre d’opération de ce drone ayant été prise, un avion de chasse israélien a été envoyé vers ce dernier. Il a été touché par des défenses antiaériennes syriennes et s’était écrasé dans la région du Golan. Un des 2 pilotes aurait gravement été blessé.

Autre pierre d’achoppement entre le Liban et Israël, la construction par Tel Aviv d’un mur entre les 2 pays

L’Agence Nationale d’Information annonce par ailleurs que l’état hébreu a repris la construction d’un mur de séparation entre le Sud Liban et Nord d’Israël. Cette construction a cependant reprise dans des zones non contestées près de la localité de Kfarkila-Oudaish à proximité de la ville de Marjayoun.

Pour rappel, le dernier rapport remis par le Secrétaire Général Antonio Guterres au Conseil de Sécurité de l’ONU au sujet de l’application de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité garantissant la souveraineté du Liban sur l’ensemble de son territoire, ce 29 novembre 2017, avait accusé Tel Aviv d’avoir violé 758 fois l’espace aérien libanais rien qu’au cours des mois de juillet à octobre. Pour sa part, les autorités israéliennes accusent le régime syrien et l’Iran de transférer des armes et des munitions vers le Hezbollah.

La Résolution 1701 du Conseil de Sécurité, adoptée le 11 août 2006, avait permis la fin du conflit entre le Liban et Israël. Outre l’application des précédentes résolutions 1559, 1680 et de l’accord de Taëf appelant au désarmement du Hezbollah, cette résolution appelle à l’extension de l’autorité du gouvernement libanais à tout son territoire.