Le Syndicat des Employés de Banques au Liban a annoncé la fin de la grève générale après l’assurance du Ministère de l’Intérieur de la mise en place d’un plan sécuritaire pour ces derniers, confrontés à la colère de la clientèle qui dénonce les limitations de retrait.

Cette grève générale, qui a débuté mardi dernier, pourrait ainsi s’achever dès demain, alors que l’Association des Banques du Liban (ABL) a annoncé la mise en place de mesures temporaires visant à limiter les retraits à hauteur de 1000 USD par semaine et l’interdiction de transférer des fonds à l’étranger sauf en cas « d’urgence personnelle ». Ces exceptions pourraient concerner les scolarités des étudiants libanais à l’étranger ou encore le paiement de frais de santé. Ce type de mesure avait pourtant été écarté par le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), la semaine dernière.

Plus de précisions

Le secteur bancaire libanais est fortement perturbé par la crise économique et l’absence de liquidité en devises étrangères nécessaires à l’achat de marchandises notamment de première nécessité, le Pays des Cèdres était principalement un pays importateur.

Depuis plusieurs mois, de nombreux secteurs essentiels souffrent ainsi de pénuries. Il s’agit notamment du cas des importateurs d’essence, de blé ou encore de médicaments dont les stocks s’amenuisent alors que la Banque du Liban a mis en place un dispositif stipulé par la circulaire 530, lui permettant de ponctionner ses réserves monétaires en vue d’en permettre l’importation des marchandises essentielles.

Les banques ont également dû être fermées en raison des importantes manifestations qui se déroulent depuis la nuit du 17 octobre 2019. Les protestataires dénoncent – outre la dégradation des conditions socio-économiques – la classe politique considérée comme corrompue et ayant amené le Liban à la quasi-faillite financière avec un taux d’endettement de 150% par rapport au PIB, l’un des plus élevés au Monde.

En outre, elles ont également vu leurs notes – tout comme celles des émissions obligataires libanaises – être dégradées en raison de leur exposition à la dette souveraine. Les agences de notation internationale doutent ainsi des capacités de l’état à faire face aux prochaines échéances des émissions obligataires arrivant à maturité. Certains experts notent que les banques libanaises pourraient être durablement affaiblies par la crise économique, ce qui n’est pas sans faire craindre une possible panique à la réouverture des guichets.

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