L'entrée principale de la Banque du Liban (BDL) Crédit Photo: Libnanews.com, tous droits réservés
L'entrée principale de la Banque du Liban (BDL) Crédit Photo: Libnanews.com, tous droits réservés

La confédération des associations du secteur public ont dénoncé les dernières mesures de la Banque du Liban permettant de retirer seulement 60% de l’aide sociale attribuée par le gouvernement, des salaires et des pensions.

Selon le communiqué:

“la décision de l’association des Banques rendue le 11 mars 2022 et son contenu portant sur la saisie de 40 % de la valeur totale des aides accordées aux salariés du secteur public et retraités, a constitué une étape supplémentaire dans une série de violations initiées par les banques sur les salaires, les pensions et les compensations, documentant le partenariat et la complicité dans la violation des lois La procédure entre l’Association des banques et le Gouvernorat de la Banque du Liban 
La position de l’Association des banques s’est accompagnée d’un silence suspect et d’une réticence de la part des agences gouvernementales chargées de prendre les mesures juridiques et administratives appropriées à l’encontre de quiconque tenterait de porter atteinte à un gagne-pain et d’imposer des restrictions sur la manière dont les employés et les retraités disposent de tous leurs droits financiers.
Nous opposons cette décision, ainsi que d’autres décisions et pratiques similaires, à la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui a donné au salaire une valeur constitutionnelle et légale en tant que droit inviolable lié à la loi naturelle. 
Cette décision viole les lois qui interdisent l’acompte sur salaire ou son versement sous forme de cautions, bons, chèques ou toute autre forme se substituant à la monnaie nationale, outre l’inadmissibilité de limiter la liberté du salarié de disposer de son salaire comme il lui plaît.

Ils rejettent par conséquent cette décision accusant les banques de vouloir saisir l’épargne populaire et demandent aux établissements financier un engagement à verser immédiatement et manière intégrale les aides et les salaires d’ici 48 heures, faute de quoi une escalade de leur mouvement aura lieu.

Pour rappel, la livre libanaise a perdu 92% de sa valeur par rapport au dollar et que 82% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 6 USD par jour, équivalent à 120 000 LL au taux de la plateforme électronique Sayrafa de la Banque du Liban et de 132 000 LL au marché noir. Pour rappel, le salaire minimum au Liban est de 600 000 LL par mois, équivalent avant la crise à 450 USD et aujourd’hui à 20 USD et le salaire médian était de 1 500 000 LL soit, 1 000 USD, il y a 3 ans et 75 USD aujourd’hui.

L’obtention de livres libanaises cash est rendue d’autant plus que nécessaire que les supermarchés ont annoncé qu’ils exigeront désormais que 50% des factures soient réglées cash et 50% par carte en cas de règlement par carte. L’association des supermarchés indique devoir prendre cette mesure suite à ce que les banques libanaises ne leur accorde également pas suffisamment de liquidités pour pouvoir payer leurs employés ou encore pouvoir acheter les devises étrangères nécessaires au renouvellement des stocks via le marché noir, les devises étrangères étant généralement indisponibles auprès des banques.

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