Monsieur,

J’ai l’honneur de vous adresser cette lettre ouverte, rédigée non pas en ma qualité de Député ou cadre de ma formation politique Les Républicains, mais en tant que citoyen devenu Français.

Comme vous pourrez l’imaginer, je n’ai pas voté pour vous et je respecte le suffrage universel. Celui-ci vous a placé en tête lors de ce premier tour de la course présidentielle.

Aussi, et vous le comprendrez sans problème, je ne voterai pas pour votre adversaire. Elle porte un programme économique désastreux pour notre pays, en l’invitant à sortir de la zone euro avec le retour aux francs, en proposant la retraite à 60 ans, etc. Et je passe sur bien d’autres sujets encore. Elle ruinerait ainsi bon nombre de citoyens, parmi eux les épargnants et les retraités.

Toutefois, le citoyen que je suis ne peut accepter vos propos sur la colonisation, abaissant et associant la France aux crimes contre l’humanité.

En effet, j’ai grandi dans cette terre phénicienne, où mes grands-parents se sont fait soigner par des médecins français, dans une terre où mes parents et moi-même avons étudié dans des écoles et des universités construites par des Français. Nous chantions l’hymne de la mère patrie, la France, avant chaque entrée en classe. Nous avons appris la langue de Molière et de Voltaire par des enseignants français pleinement dévoués.

Pour mes ancêtres et moi-même, la France était un concentré de lumière, de savoirs, de respect, de liberté. Elle m’a façonné.

Aussi, quand on prétend exercer la fonction suprême, en voulant présider une grande puissance européenne et la cinquième mondiale, il n’est pas permis de juger le passé avec les yeux du présent. Au contraire, cela nous oblige à exprimer haut et fort l’esprit « France », la nation « France ».

L’erreur est humaine Monsieur MACRON, et vous en avez commis une à mes yeux en insultant ce que j’ai porté au plus profond de moi depuis ma jeunesse, en offensant celles et ceux m’ayant transmis cet héritage.

On a le droit de se tromper, mais on a surtout le devoir de demander pardon. Cela vous fera grandir et vous permettra de gagner la confiance d’un plus grand nombre.

Ne voyez dans cette lettre ouverte aucune connotation politicienne ou prise de position, mais l’expression d’un homme blessé, touché comme beaucoup de concitoyens. Et d’ailleurs, quelle légitimité aurait cette démarche politicienne ? Le peuple français est souverain, libre et capable de choisir en son âme et conscience son destin.

Que la force de la tolérance vous accompagne et que la lucidité politique vous éclaire sur votre chemin d’avenir.

Avec toute ma passion pour cette France de lumière.

Bien à vous.

Elie ABOUD »