Carburants au Liban : le mazout mène la hausse
La nouvelle grille des carburants au Liban dessine un mouvement très inégal. L’essence 95 et 98 octane augmente de 10 000 livres, tandis que le mazout bondit de 53 000 livres. Le gaz recule, lui, de 20 000 livres. Derrière cette mise à jour tarifaire, le signal le plus important concerne le diesel, produit central pour les générateurs, une partie du transport et de nombreuses activités économiques. Pour les ménages, la lecture devient donc plus complexe : légère hausse pour la mobilité, soulagement limité sur le gaz, pression renforcée sur les usages liés au mazout.
Détroit d’Ormuz : le déminage américain en trompe-l’œil
Washington affiche une reprise en main du détroit d’Ormuz, mais les faits publics racontent une histoire plus fragile. Les États-Unis ont lancé une mission de sécurisation et peuvent sans doute ouvrir un passage temporaire sous protection, avec des drones et des escortes. En revanche, ils ont retiré leurs anciens dragueurs de mines de Bahreïn, misent sur des LCS dont la transition reste incomplète et sortent progressivement de la logique des hélicoptères spécialisés. Le vrai enjeu n’est donc pas l’entrée de deux destroyers dans le détroit, mais l’écart entre une démonstration de présence et la capacité réelle de déminer durablement l’ensemble du goulet.
Liban : la médiation française évincée
La France ne participe pas au nouveau format de négociation ouvert à Washington entre les États-Unis, Israël et le Liban. Cette absence contribue à la faiblesse de la diplomatie libanaise et marque une rupture majeure. Paris avait pourtant co-parrainé le cessez-le-feu de 2024, siégé dans son mécanisme de surveillance et tenté, jusqu’en mars, de défendre une sortie graduelle de crise. En acceptant un cadre sans la France, Beyrouth perd un contrepoids diplomatique occidental au moment même où Israël impose une discussion sous pression militaire et où la FINUL entre dans une phase de retrait programmé.
Pékin et la nouvelle donne au Moyen-Orient
La crise autour de l’Iran et d’Ormuz révèle une nouvelle donne régionale : Pékin gagne du terrain au Moyen-Orient sans remplacer militairement Washington. La Chine profite des failles du système américain, garde des liens avec Téhéran et le Golfe, et transforme chaque tension en levier diplomatique, énergétique et commercial majeur.






