104 incendies se seraient déclarés ce lundi en 24h, de l’aveu même du directeur général de la Défense Civile, Raymond Kattar. Ce chiffre interpelle. Des pays dont les conditions actuelles sont équivalentes au Liban n’ont pas connu de tels désastres aujourd’hui. Il n’y a pas, depuis ce lundi, des incendies de tel ampleur en Syrie ou en Israël. Sans même une quelconque enquête, il est, par conséquent, fort à parier que nombreux de ces incendies sont volontaires.

Face à cette situation, évidemment des enquêtes sont nécessaires et les personnes coupables devraient être punies à hauteur de leurs actes criminal avec toute la dureté de la loi.

Alors que les moyens de lutte contre les incendies sont présents sur le terrain, même de manière parfois quelque peu restreintes, on souhaiterait en disposer de plus, la prévention, elle, est quasiment absente du débat.

La richesse d’un pays, avec les changements climatiques à venir, ne se matérialisera pas par le nombre d’immeubles construits mais par sa richesse naturelle et par sa capacité à nourrir sa population et à entretenir une nature. Ce ne sont pas les pays pétroliers qui manquent autour de nous. Notre avantage « compétitif » se situe par la richesse, sa culture et son patrimoine qu’il soit naturel ou lié à l’Humanité, que la Mère Nature nous a accordé et donc nous ne devons pas contribuer à la détruire comme nous le faisons aujourd’hui si facilement.

Ces changements climatique aujourd’hui vont aujourd’hui jusqu’à menacer la pérennité du symbole national, à savoir le Cèdre, plus qu’un article de The Economist qui évoque les difficultés économiques du Pays des Cèdres.
D’ailleurs si le Grand Liban a été créé avec les plaines du Akkar au Nord Liban ou de la Békaa, il s’agissait de tenter d’atteindre une certaine autosuffisance alimentaire. Nous devons donc protéger nos vergers et nos forêts des dangers pour les générations à venir et non contribuer à les détruire.

Des responsabilités de l’Etat par son manque de moyens mis en oeuvre dans la lutte contre les incendies

Nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur les moyens mis en oeuvre pour combattre les flammes. L’Armée Libanaise a mobilisé ses hélicoptères qui s’avèrent être insuffisants, tout comme la Défense Civile qui a fait intervenir 200 de ses véhicules et leurs équipages, soit grosso-modo 2 véhicules par incendie. Ce chiffre parait dérisoire devant l’ampleur de la catastrophe.

Archives: Un Sikorsky volant en 2014 dans le ciel libanais. Crédit Photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés.
Archives: Un Sikorsky volant en 2014 dans le ciel libanais. Crédit Photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés.

La responsabilité de l’état se situe aussi au niveau donc des moyens. Ce ne sont pas 3 hélicoptères Sikorsky S61 qui auraient changé grand chose même si leurs capacités sont supérieures à celles de l’armée libanaise, de l’ordre de 4 000 litres contre 700 litres pour les UH1, même s’ils auraient pu contribuer.

Face aux critiques, l’Armée Libanaise a donné quelques précisions sur ce dossier. Même si ces appareils ont été achetés par une souscription publique et sont opérés par des pilotes de l’institution militaire, ils appartiennent au Ministère de l’Intérieur via la Défense Civile. L’Armée Libanaise indique avoir demandé ces dernières années, à plusieurs reprises que le Ministère des Finances fournisse les fonds nécessaires à l’entretien et à l’achat de pièces détachées nécessaires à ce que ces aéronefs volent. Ces demandes, indique l’Armée, sont restées sans réponse.
La responsabilité de l’absence de déploiement de ces appareils devrait donc revenir, selon l’Armée Libanaise, au Ministère des Finances qui n’a pas permis de disposer des moyens financiers nécessaires à leur mise en oeuvre.

Toutefois, il est facile aujourd’hui d’accuser les responsables actuels d’une telle négligence quand leurs prédécesseurs devraient aussi être aussi mis en cause en raison des moyens financiers plus importants dont ils disposaient alors que la crise économique était moins sévère.

La solidarité régionale heureusement complète quelque peu les moyens locaux, avec 2 appareils chypriotes et 2 autres jordaniens, tous les 4 étant des Air Tractor AT-802, d’une capacité de 800 gallons, un peu moins de 1 000 litres avec, comme on a pu le voir, la nécessité de retourner à l’aéroport international de Beyrouth en vue d’être réapprovisionné.

Evidemment vu le relief du Pays des Cèdres, on peut s’interroger sur l’opportunité d’utiliser des Canadairs, avions beaucoup plus lourds et complexes à mettre en oeuvre et dont les capacités de manoeuvre sont, par conséquent, plus réduites que des avions légers ou des hélicoptères. Mais laissons cela aux spécialistes de la question.

Cependant, ce manque de moyen est quelque assez inquiétant quand on sait que le Liban est un pays à fort risque de désertification et que les conditions climatiques n’iront pas en s’améliorant. Ainsi les changements climatiques feront que Beyrouth en 2100, sera aussi chaude de la Mecque aujourd’hui.

Il faut donc renforcer les moyens de prévention et de lutte contre les incendies et mettre en place tant au niveau local qu’au niveau du pays en lui-même, une force d’intervention rapide, capable d’intervenir n’importe où sur le territoire libanais et même à venir en aide à son tour aux pays de la région qui ont exprimé leur solidarité avec le Liban et qui pourraient être à l’avenir encore mis à contribution – Solidarité oblige face aux défis de l’avenir – , et des infrastructures nécessaires au niveau local.

Au niveau de l’Etat aussi, il faut qu’il puisse appliquer la loi de manière intégrale et non que les pyromanes bénéficient de protections de tout genre: En cas de mort d’homme, la justice devrait statuer en considérant un homicide involontaire. En cas de personnes blessées et/ou d’habitations mises en danger, la justice doit juger ces faits aussi sévèrement que la loi le permet et permettre que le coupable soit dans l’obligation de dédommager les victimes à hauteur du préjudice subi et non d’une amende dont le montant est souvent quasi-risible.

Mais également une responsabilité locale à souligner par leurs absence dans la prévention des catastrophes.

La responsabilité de l’état par son manque de moyen ne doit cependant pas obstruer la vue sur les responsabilités, quant à elles, locales voir même personnelles.

Responsabilité locale par conséquent, les responsables et chefs de municipalités ont accès, normalement à des études concernant les risques incendies. Des zones critiques sont connues et accessibles au public sur le site localiban par exemple pour certaines des municipalités qui ont été touchées par la catastrophe cette semaine.

Il est quelque peu étonnant que ces responsables locaux, n’aient pas mis en place des infrastructures comme des points d’eau, accessibles à la fois aux hélicoptères ou aux véhicules de lutte contre les incendies – qui pourraient également servir à la protection de la faune locale, chose qu’on n’évoque pas trop encore, mais après tout, c’est elle, la première victime des feux – ou encore, un réseau de surveillance de ces zones à risques, avec des dispositifs d’intervention rapide pour empêcher que les incendies se propagent assez rapidement.
En France, par exemple, des localités ont chargé des volontaires d’organiser des patrouilles à l’aide de pickups disposant d’une petite réserve d’eau mais efficace pour éteindre tout début d’incendie ou le circonscrire en attendant des moyens plus conséquents.

Au niveau local également, on est quelque fois interloqué de voir des broussailles bien sèches qui pourraient prendre facilement feu à côté des routes sans qu’aucune mesure ne soit obligatoire. Peut-être alors que la responsabilité locale se pose aussi dans l’absence de la prévention et l’absence d’obligations faites aux municipalité et aux propriétaires de terrains où se déclarent les incendies à éliminer les causes possibles de tels incendies.

Aussi de nombreuses régions de la montagne ont le malheur de voir être défigurées par des décharges illégales faisant suite à la crise des ordures en 2015 et qui sont parfois allumées par des pyromanes. Evidemment, les responsables municipaux le savent et parfois même les ordonnent.

En évoquant l’accessibilité des zones à risques, évidemment les incendies peuvent être involontaires. Mais toujours est-il que les zones à risque étant définies, les responsables locaux devraient donc prévenir les incendies, interdire l’accès à ces zones à risque à des inconscients. Les déchets laissés dans la nature peuvent également nuire et provoquer ce genre d’incidents.
Il est, en effet, bizarre que les flammes soient apparues après un weekend plutôt chaud, où certains ont été tenté par un picnic, même une bouteille d’eau, ou du verre qui jouent un effet loupe ou du métal laissé derrière eux qui peuvent enflammer les broussailles et ainsi provoquer le pire, où une attitude encore plus criminelle que l’oublie, le fait de fumer une cigarette ou un narguilé, voir même de chasser, une étincelle étant si vite arrivée avec les fusils utilisés par les chasseurs. Le feu couvant, il peut se déclencher même un jour après.
Evidemment, cela doit aussi s’accompagner d’une information à la population et d’une culture civile qui laisse à désirer au Liban sur de nombreux points. On a tous été victime, un jour ou l’autre, de l’incivilité de nos compatriotes. Il est temps de les responsabiliser via par exemple les amener à payer les dégâts occasionnés par les incendies à hauteur de leurs moyens quand ils en sont coupables.

Le cadre légal est aussi en cause. Nombreux sont ceux qui évoquent un acte volontaire à ces incendies, soulignant aussi que les points de départ des feux sont situés dans des terrains normalement inconstructibles en raison présence d’arbre si ce n’est en obtenant un permis couteux. Face à cela, les propriétaires préfèrent alors faire incendier leurs terrains pour pouvoir en disposer. Cette chose devrait être illégale. Nul ne peut et ne doit profiter d’un crime qu’il commet.

Il faudra donc, aussi que ces municipalités, ces responsables locaux puissent être tenu à reboiser sur le compte de ces personnes quand l’incendie est volontaire et non à obtenir des facilités pour dénaturer un peu plus ces régions.

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