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Liban-Israël : Quatre visions pour une frontière.

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Entre fleuves, montagnes et lignes tracées sur des cartes anciennes, la frontière libano-israélienne concentre plus qu’un simple enjeu géopolitique : elle est le miroir des visions contradictoires qui traversent l’histoire d’Israël. Des cartes des Etats nations du Proche- Orient sorties de la premiere guerre mondiale, aux mythes , à la religion et à ses références bibliques, toutes ces visions se mélangent dans la tete de chaque israélien.

La première est pragmatique : un Liban souverain, reconnu dans ses frontières actuelles, en paix avec Israël. Stabilité et diplomatie l’emportent, la ligne est à sécuriser, non à redessiner.

La deuxième remonte aux premiers débats sionistes du XXᵉ siècle : certains voulaient étendre la frontière nord jusqu’au Litani pour ses eaux et sa défense. Idée abandonnée par les puissances coloniales, mais jamais totalement oubliée. Elle est actuellement remise sur le tapis par le ministre des finances d’Israël Bezalel Mostrich.

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La troisième est presque mythique : le fleuve Awwali, qui veut dire « le premier » en arabe, au nord de Saïda, considéré par certains comme un seuil symbolique de la “Terre promise” ou plutot considéré comme «  Le premier fleuve  de la Terre Promise ». Des anecdotes, des gestes privés, des souvenirs intimes témoignent de ce lien entre géographie et identité. Le témoignage de libanais amis avec des juifs libanais racontent comment dans les années 60 les juifs de Beyrouth voulaient etre enterrés au cimetiere de Saida plutot que de celui de Beyrouth, parce qu’il se situe en Terre Promise et qu’ils voulaient etre enterrés en Terre Promise ( ce qui explique que le cimetiere juif de Saida est bien plus grand que celui de Beyrouth) . Le meme témoignage raconte comment à chaque passage sur l’Awwali les juifs libanais prenaient de la poudre d’or pour la jeter dans la riviere en signe de passage ou de sortie sacrés de Terre Promise.

La quatrième vision est la plus controversée : celle d’un “Grand Israël”, d’inspiration biblique, qui engloberait tout le Liban et au-delà. Du Nil à l’Euphrate comme le dit l’Ancien Testament . Souvent invoquée dans le débat politique, rarement mise en œuvre, mais toujours présente comme horizon théorique et religieux.

À cela s’ajoute une dynamique invisible mais tangible : l’équilibre fragile entre un État libanais limité et un Hezbollah puissant. Chaque escalade, chaque conflit non résolu façonne le terrain, renforce la vigilance israélienne et redéfinit, par effet de fait, la profondeur stratégique d’Israel .

Ces visions coexistent, se croisent et s’affrontent. Mais au bout du compte, la question dépasse les cartes et les textes sacrés : elle se résume à une seule interrogation cruciale – qui a le pouvoir de définir la frontière ?

Entre histoire, mémoire et stratégie, la réponse reste suspendue. Et dans cette zone grise, la frontière n’est jamais vraiment fixe. Elle dépend des provocations des uns et des autres permettant à Israel d’annexer des territoires , par effet dialectique , à chaque guerre contre les arabes ou contre les iraniens et leurs proxies comme le hezbollah au Liban.

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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