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L’Agence de notation Moody’s a dit craindre “un scénario d’instabilité macroéconomique extrême dans lequel une restructuration de la dette se produit avec une déstabilisation brutale de la monnaie” sans le soutien technique du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales.

Ce scénario pourrait entraîner des pertes très importantes pour les investisseurs privés, note ce rapport qui confirme celui déjà publié par la Bank of American – Merril Lynch en début du mois de décembre.

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Moody’s prévoit ainsi, une augmentation supplémentaire du déficit budgétaire à hauteur de 11,5% en 2019 et de 10% en 2020, en raison de l’absence de croissance économique et de la diminution des revenus publics induits par la crise.

Cette information intervient alors que le Premier ministre sortant Saad Hariri a demandé au FMI et à la Banque mondiale une aide technique pour faire face à la crise économique, principalement liée à l’endettement public qui atteint 154% du PIB, un préalable nécessaire à la demande d’une assistance financière internationale. Aussi, les craintes de voir la livre libanaise se déprécier se confirment, avec, selon les rapports, la mise en place d’une parité non-officielle pour l’heure estimée à 2 300 LL/USD aux côtés de la parité officielle qui est depuis 2007 à 1 511.5 LL/USD.

La détention par la Banque centrale de titres publics implique que le Liban dispose d’options de gestion de la dette à court terme qui limiteraient les pertes supportées par le secteur privé en cas de défaillance. Bien qu’insuffisant pour rétablir la viabilité de la dette, nous estimons que l’allongement de l’échéance ou l’annulation de la dette impliquant des titres de créance en monnaie locale de la BDL représentant 50% du PIB pourrait servir de véhicule de première perte, tant que l’arrimage de la monnaie reste en place.

Cette information intervient alors que le Liban fait face à une importante crise de liquidité en devises étrangères et de nombreuses interrogations quant au niveau des réserves monétaires nettes de la Banque du Liban (BDL) commencent à se faire entendre.

Pour l’heure, selon le scénario le plus probable, le FMI pourrait demander une augmentation la taxe sur la valeur ajoutée à 15% par rapport aux 11% actuels, de la taxe sur l’essence d’au moins 5 000 LL, et de manière plus immédiate, une augmentation du prix de l’électricité au niveau de son coût de production ainsi qu’une restructuration du secteur public. Pour rappel, l’essentielle des dépenses publiques, hors paiement des services de la dette publique, concernent la masse salariale publique et l’Electricité du Liban pour 2 milliards de dollars de coûts annuels.

Ce scénario cependant se heurte à l’absence, pour l’heure, d’un gouvernement fonctionnel, ce qui pourrait encore aggraver la crise économique.

Un scénario qui semble se confirmer avec la politique d’ingénierie financière de la Banque du Liban

Ce scénario de déstabilisation de la parité entre livre libanaise et dollar semble être confirmé après que la Banque du Liban ait acheté pour environ 3 billions de livres (2 milliards de dollars) des bons du Trésor à 1%, sur ses réserves monétaires, dans une tentative de réduire le coût du service de la dette publique.

Ainsi, l’achat par la Banque du Liban pour 3 milliards de dollars en euro-obligations à la Banque centrale à hauteur de 12% serait ainsi compensée.

L’objectif immédiat de ces achats est de pouvoir payer les salaires de la fonction publique face à la diminution des recettes publiques et des conséquences de la crise sur le déficit qui continue à se creuser

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