Sauf rebondissement, les certains partis politiques majeurs et les institutions religieuses sunnites libanais s’opposent à la présence de la Syrie au sommet économique des pays de la Ligue Arabe – en cause le rejet de la présence de représentants de Bachar el Assad – et les partis et institutions religieuses chiites à la présence de la Libye à ce même sommet, en cause cette fois-ci l’absence d’informations sur le devenir de l’Imam Moussa Sadr disparu depuis 1978.

Dans tous les cas, au Liban, ce qui est certain est qu’on tient le sommet de la bêtise… 365 jours par an.

En effet, le Liban jouit d’une situation économique sans égale, d’une ère de prospérité qu’on n’a pu connaitre depuis fort longtemps, nous conduisant même à refuser toute participation officielle au marché de la reconstruction en Syrie ou à celle de la Libye. Nous pouvons ainsi refuser la présence de la Syrie à ce sommet par exemple, contrairement aux Émirats Arabes Unis ou à Bahreïn qui ont été dans l’obligation de rouvrir leurs représentations diplomatiques à Damas.

Nous sommes en effet trop occupé à exporter notre importante main d’œuvre locale vers divers pays.

Conséquemment, ce sommet est un luxe dont on peut effectivement se passer.

Plus sérieusement, il convient de rappeler la situation économique actuelle du Liban avec quelques chiffres qui se suffisent à eux-mêmes:

2200 failles d’entreprises en 2018, un taux de chômage de 30% à 45% selon des estimations, une croissance qui se laisse toujours attendre, des menaces de dévaluation de la livre libanaise.

Non pas que le sommet économique de la Ligue Arabe pourrait, comme magie rétablir la situation économique bien mal-en-point du Pays des Cèdres, mais il s’agit de l’image même du Liban. Ce genre d’atermoiement est en effet de nature à faire fuir tout investisseur étranger potentiel qui souhaitait jusqu’à présent s’installer dans ce pays qui semblerait alors ne pas être assez fiable que cela soit institutionnellement ou dans les affaires.

Les partis politiques et les institutions religieuses libanaises devraient savoir que le Liban, même s’il est le pays organisateur de ce sommet qui devrait avoir lieu à partir du 20 janvier, n’est pas décideur sur la présence ou le refus de la présence de telles ou telles délégations d’un pays. Seule la Ligue Arabe l’est.

Même l’absence d’un gouvernement n’empêche pas la présence d’un tel sommet puisqu’il y a encore des institutions politiques fonctionnelles même si elles sont intérimaires.

Aucune excuse dont n’est suffisamment valide pour empêcher la tenue d’un tel sommet dont l’annulation ou le report n’est du ressort que de la Ligue Arabe, seule un conflit l’est. Espérons qu’en mal de circonstances valables pour obtenir son report, certains – comme certaines informations le suggèrent par un appel à la rue – n’y songent à y recourir.

1 COMMENTAIRE

  1. C’ est le coté occidentale qui prend le dessus on dirait ? Faudra peut être se réveiller un jour et agir en acteur sérieux et l’ affut de l’ évolution car le monde change et vite !

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