Alors que le Liban célèbre le 3ème anniversaire de l’accession du Général Michel Aoun à la Présidence de la République aujourd’hui, la situation n’est toujours pas stabilisée au 15ème jour de manifestations. Les protestataires demandent, en dépit de la démission du gouvernement, le départ de la classe politique libanaise, accusée de corruption et d’avoir mené le Liban au bord de la banqueroute financière.

Le chef de l’état est attendu devant les antennes à 16 heures. Il devrait notamment s’exprimer sur la situation et évoquer les réformes économiques et politiques à mener. Certains protestataires indiquent attendre ce discours pour décider de la suite à donner à leur mouvement.

Après les incidents qui se sont déroulés durant la nuit, suite à la tentative de descente de sympathisants du Premier Ministre Saad Hariri désormais démissionnaire Place Riad el Solh, plusieurs axes majeurs ont été réoccupés avant d’être réouvert par les Forces de Sécurité Intérieure et l’Armée Libanaise. La circulation sur le Ring Fouad Chéhab a également été perturbée.

À Tripoli, plusieurs milliers de manifestants se sont réunis, durant la soirée, Place Al Nour pour réclamer le départ de la classe politique.

Durant la nuit également, des routes précédemment ouvertes hier ont été coupées par des pneus en feu. Il s’agit du cas du cas de Jal el Dib et de Zouk, bloqués à partir d’une heure du matin environ. Ces 2 barrages ont été levés vers 8h du matin à la demande de l’Armée Libanaise, sans résistance de la part des protestataires.

Ce matin cependant, les routes du Akkar sont toujours coupées à la circulation. Il s’agit notamment de l’autoroute Minya-Abda, alors que des manifestations se déroulent en la place principale Al-Abda-Benin.

La journée de mercredi a été également marquée par la prise de mesures disciplinaires à l’encontre du Procureur du Mont Liban, la juge Ghada Aoun, par le Procureur de la République. Elle est accusée d’avoir transmis le dossier concernant la mise en accusation pour détournement de fonds impliquant l’ancien premier ministre Najib Mikati, ses proches et la Banque Audi au Procureur de la Capitale, Beyrouth, sans être préalablement passé par le procureur de la république. Nombreux sont ceux qui estiment que ces mesures disciplinaires visant la magistrate sont injustes.

En dépit de la publication par le Ministère de l’éducation d’une circulaire appelant à la réouverture des établissements d’enseignement, les écoles de Saïda, de Byblos, l’Université St Joseph, entre autre.

Des pénuries à craindre alors que les banques devraient reprendre aujourd’hui les opérations bancaires avant leur réouverture au public demain

Plusieurs syndicats de produits de première nécessité ont indiqué que les stocks seraient actuellement au plus bas.

Ainsi, alors que 30% du réseau de distribution d’essence ne serait plus approvisionné et qu’il n’y aurait plus que 3 jours de réserves, les sociétés importatrices d’essence seraient dans l’impossibilité de faire décharger les tankers qui sont pourtant au large du Liban.

De même les stocks de farine pour les minoteries ou encore de médicaments seraient au plus bas. La distribution de certains médicaments serait également très perturbée.

En cause, la fermeture, depuis le 18 octobre du réseau bancaire libanais. Les banques ont cependant annoncé la reprise des opérations bancaires ce jeudi avant la réouverture au public prévue pour ce vendredi.

Des difficultés économiques à craindre, un contrôle des transferts financiers hors du Liban évoqué

Selon certains experts, face au risque de retrait massif de devises ou de retrait à l’étranger, serait sur la table une proposition de limitation des transferts à l’étranger à hauteur de 7 500 USD / Semaine. Il serait également question de voir les taux d’intérêts limités à 4.5%.

Les taux de change non officieux auraient atteint 1 800 LL/USD contre, toujours, 1511 LL/USD au taux de change officiel, alors que le cours des obligations libanaises cotées à l’étranger continue à s’effondrer, ce qui n’ira pas sans impacter les actifs des banques libanaises.

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