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Nabih Berri et la session du 9 janvier : une tentative de sortie de crise

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La crise politique au Liban atteint un nouveau tournant à l’approche de la session parlementaire du 9 janvier 2024. Convoquée par Nabih Berri, président du Parlement, cette réunion est présentée comme une ultime tentative pour élire un président après plus d’un an de vacance présidentielle. Depuis octobre 2022, date de la fin du mandat de Michel Aoun, le Liban est plongé dans un vide institutionnel qui paralyse son fonctionnement et amplifie les tensions sociales et économiques. Cette session est perçue comme une étape déterminante, bien qu’incertaine, dans la lutte pour stabiliser le pays. Les enjeux sont énormes : restaurer la confiance institutionnelle, répondre aux attentes populaires et éviter une aggravation de la crise économique.

Le vide présidentiel au Liban est le symptôme d’un système politique profondément fragmenté. Depuis plus d’un an, le gouvernement intérimaire est limité à la gestion des affaires courantes, ce qui empêche la mise en œuvre des réformes économiques essentielles. Les principales forces politiques libanaises ne parviennent pas à s’accorder sur un candidat à la présidence en raison de leurs divergences confessionnelles et idéologiques. Les séances précédentes du Parlement ont toutes échoué à élire un président, faute de réunir le quorum nécessaire ou de trouver une majorité qualifiée. Les institutions publiques, déjà fragiles, sont au bord de l’effondrement. La crise économique, exacerbée par l’absence de leadership, se traduit par une dévaluation historique de la livre libanaise et une inflation galopante.

Nabih Berri, en tant que président du Parlement, joue un rôle central dans l’organisation et la conduite des sessions parlementaires. Leader du mouvement Amal, il est une figure incontournable de la politique libanaise depuis la fin de la guerre civile. Cependant, son rôle dans la gestion de la crise actuelle suscite des critiques. Ses adversaires l’accusent de freiner les réformes nécessaires et de maintenir un système confessionnel rigide qui profite à ses alliés. Malgré ces critiques, Berri a affirmé sa détermination à mener cette session à son terme : « Nous mènerons cette session jusqu’au bout, quelles que soient les circonstances. » Cette déclaration reflète son engagement à débloquer l’impasse politique, tout en mettant en lumière la complexité de sa position.

La session du 9 janvier se distingue par son importance stratégique. Elle vise à dépasser les blocages politiques et à restaurer une stabilité institutionnelle. Cette session pourrait marquer un tournant, notamment si un consensus émerge autour d’un candidat de compromis. La priorité absolue de cette session est d’élire un président. Parmi les candidats évoqués figure Joseph Aoun, commandant en chef de l’armée libanaise. Soutenu par plusieurs partenaires internationaux, dont la France et les États-Unis, il est perçu comme une figure consensuelle. Cependant, son élection reste incertaine en raison des divisions internes au Parlement. La présence d’un président est essentielle pour relancer les négociations avec le FMI et restaurer la confiance des investisseurs. Pour une population épuisée par la crise, une élection réussie pourrait symboliser une étape vers la reprise. Cependant, les risques d’un échec restent élevés, compte tenu des divisions internes et de l’influence des puissances régionales.

Les partis libanais sont profondément divisés sur les questions de leadership et de réformes. Le Hezbollah et ses alliés insistent sur un candidat favorable à leur agenda régional, tandis que les partis souverainistes exigent des garanties concernant les réformes économiques et institutionnelles. Les Forces libanaises, principal parti chrétien, soutiennent des candidats pro-occidentaux et rejettent toute collaboration avec le Hezbollah. Cette position accentue les tensions, rendant difficile l’émergence d’un consensus. La session du 9 janvier est également suivie de près par les partenaires internationaux. La France et l’Arabie saoudite ont intensifié leurs efforts diplomatiques pour promouvoir un candidat de compromis, tandis que les États-Unis se concentrent sur la stabilité régionale. L’Iran, par le biais du Hezbollah, maintient une influence décisive sur les choix politiques, ce qui complique les négociations.

Pour la population libanaise, cette session est un test pour évaluer la capacité de la classe politique à dépasser ses divisions. Des manifestations sporadiques ont eu lieu à Beyrouth et Tripoli, où des manifestants dénoncent l’inaction des dirigeants et appellent à des réformes urgentes. Les citoyens dénoncent également l’inaction des dirigeants face à la détérioration des services publics. L’élection présidentielle est perçue comme un premier pas nécessaire pour restaurer la confiance.

Si la session du 9 janvier échoue à élire un président, les conséquences pour le Liban pourraient être graves. La poursuite du vide présidentiel aggraverait la crise économique et pourrait entraîner une paralysie totale des institutions. En outre, un tel échec renforcerait le scepticisme international envers la capacité du Liban à surmonter ses divisions internes.

La session parlementaire du 9 janvier représente un moment crucial pour l’avenir du Liban. Nabih Berri, en tant que président du Parlement, joue un rôle central dans cette tentative de sortie de crise. Cependant, les divisions internes, les pressions internationales et la méfiance populaire rendent l’issue de cette réunion incertaine. Alors que le pays est confronté à une crise économique et sociale sans précédent, cette session pourrait marquer un tournant, mais aussi révéler les limites du système politique libanais.

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Newsdesk Libnanews
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