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Nos âmes brisées, la vérité si je mens !

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#JAccuse #Stopaudétournement

J’accuse ! Stop au détournement des aides, des dons et des subventions pour le Liban !
C’est mon appel que je lance afin de veiller sur le peu qui nous reste et surtout respecter ceux et celles qui veulent encore aider le Liban et sa population. Nous avons sur notre conscience le devoir d’aviser et de s’assurer du bon aboutissement des aides quand elles sont données à des associations en soutien au peuple libanais, surtout depuis ce #4août2020.

Savoir où va l’argent des dons encaissé par ceux et celles qui touchent des subventions, notamment en France, est le premier pas qu’on peut faire pour aider le Liban autrement !

Pour ces donateurs qui donnent sans compter et pour ces bénévoles qui travaillent sans relâche dignement et honnêtement, je rends hommage à ma façon, autrement, en vous incitant à la vigilance, car parmi des bienfaisants se nichent des malfaisants.

Le silence a assez duré !
Au pays de l’insoutenable et de l’invivable, mort après mort, les libanais habitent une cité sans murailles, un cimetière à ciel ouvert hanté d’une horde de charognards qui en font leur festin. Nous sommes dans l’horreur du mal et de ce brisement.

La débâcle, la déroute et la banqueroute de tout un Etat en décomposition ont entraîné les libanais vers l’agonie et l’anéantissement. C’est de cela que se nourrisse la nouvelle caste d’escrocs. Dans cette horreur qui n’a plus de nom, on ne jure que par un compte bancaire. C’est le statut de la nouvelle élite qui s’abreuve de la détresse des libanais.

Dans un champ miné de mauvaises herbes, poussent encore quelques vivaces qui résistent au temps qui détruit les valeurs de l’être humain. Le quotidien des libanais, avec la crise qu’ils endurent sur tous les plans, change la donne.
A force de coups bas, des bons réapprennent à survivre et émergent davantage parmi les mauvais. Ne jugeons pas ces nouveaux braqueurs de banque, ces Robins des Bois qui le font pour soigner les leurs, ou ces voleurs de nourriture qui le font pour survivre.

L’individualisme règne en maître !
Ceux et celles qui ont raté leurs ambitions et leurs carrières adoptent les apparences et les titres, comme masques, pour nous tromper. Certains, n’ayant ni métier ni titre professionnel, ni acquis, ni savoir-faire, profitant de leur entourage, se sont créés des associations pour en devenir Président/e.
Plutôt que gagner leur vie à la sueur de leur front, ils détournent des fonds et récoltent ce que d’autres ont semé.

La vie est loin d’être un fleuve tranquille quand on est né libanais.
Les inégalités sociétales causées par un sectarisme aveugle aggravent la survie au quotidien.
Au pays du confessionnalisme, pays de la diversité religieuse, s’ajoute la loi des castes et des sous-castes, qui n’ont de religion que l’argent, et qui échappent à toutes les règles.

Si avant, on pouvait parler d’élite intellectuelle qui était la manne d’or de ce pays, l’élite de nos jours, est un regroupement de chauves-souris qui se nourrissent de sang humain et de la sueur de front des autres.

Ce que l’on voit de plus en plus ne choque presque plus personne : de tout âge, des libanais se meurent au quotidien faute de soins et de prise en charge.
De tout âge, des libanais, enfants, adultes et vieillards, fouillent dans les poubelles pour trouver de quoi se nourrir, cet instinct de survie face à la déchéance et la mort.

Imaginons cette scène quelques instants, fermons les yeux et regardons la suite : qui vient mettre la main sur cette collecte minime, triée par des mains frêles au dos courbé ? D’une collecte à une autre, des bandits, cette nouvelle élite, règnent en maître.

Imaginons un instant le travail fastidieux des fourmis, ces ouvrières du terrain avec leur organisation et leur parcellisation des tâches, et demandons-nous qui sont ces prédateurs de leurs efforts, des fourmiliers, des grands tamanoirs, des tamanduas, des myrmidons qu’on appelle aussi des fourmiliers nains ?
Voilà à quoi ressemble aujourd’hui la survie de mon peuple en péril et voilà de quoi sont faits des nouveaux comptes bancaires.

Si dans toutes les sociétés, il y a des voleurs et des escrocs, dans certains pays, il y a des lois et une justice qui protègent leurs citoyens. Si au pays du Cèdre, la loi et la justice sont bafouées par ces prédateurs qui se nourrissent des autres, à l’étranger, dans nos pays adoptifs, la loi et la justice règnent encore à condition de pointer ces infâmes, chacun autour de soi.
Il ne s’agit pas d’une délation ou de diffamation, il s’agit plutôt d’un ordre à remettre dans notre façon d’aider le Liban autrement. Ceux-là, nuisent à la dignité humaine des libanais ; ils nuisent à notre conscience et notre volonté de rassembler et d’aider.

Mainmise sur les comptes bancaires de l’ensemble de la population !
Seuls en échappent les comptes des apaches.
Des comptes, symboles de toute une vie gagnée au quotidien, ont été séquestrés par une bande, sans qu’une loi ou une justice puisse avoir mot à dire. Le seul mot d’ordre : c’est la crise.
Au nom de la crise, la rafle a eu lieu sur ces économies de bout de chandelles et le gain fructifié sur de longues années.

Une nouvelle élite émerge parmi les voyous, celle des personnes qui détournent les aides et celle qui se met aux bottes de ces cartels de la finance échappant ainsi à cette rafle.

Quand même bien l’argent des libanais se trouve séquestré, ces bandits détournent les aides et les dons destinés à leur citoyens, se vantent de leur paraître, trompant les autres sur leur statut qui n’est autre que celui d’un (e) voleur (se) masqué (e).

Faire des affaires en temps de crise, profitant de l’apocalypse, est la nouvelle élite d’un peuple en effondrement ! Cette élite vit, avance et se nourrit de la renommée d’un peuple travailleur aux capacités brillantes.

Ce qui brillait avant, ce qui donnait sens à cette luminance, n’est plus le même.
On a éteint chez uns pour allumer chez d’autres.
Fautes d’idée et de créativité des uns, on a pris l’essence de vie chez d’autres ; des âmes vagabondes qu’on fait vivre au dépens des âmes longtemps éclairées aux capacités de s’éclairer et de se ressourcer elles-mêmes.

L’élite libanaise d’aujourd’hui, la fausse, celle qui se mesure aux autres, avec le poids de ses comptes bancaires n’est qu’une élite de sangsues qui pratiquent faussement l’image du bien. Faute de bonnes méthodes d’éradication, les mauvaises herbes ont poussé partout au pays et hors frontières. Ce sont les mêmes qui font le va et vient.

La corruption a toujours été le maillon faible du Liban mais on a laissé faire ces cols prendre la manette. Pendant qu’on reprochait à des politiques le détournement et la mauvaise gestion, des civils, à leur côté, sont venus renforcer cette corruption et ce laisser-aller.

A l’image de cette expression : « les petites rivières font les grands fleuves », des ratés de la société nouvelle, cette nouvelle élite, ont usurpé le travail des autres pour leur propre compte bancaire. Profitant de cette date cauchemardesque du 4 août 2020, ils ont trouvé la poule aux œufs d’or : les aides et subventions destinées au Liban !

Quand le choc de cette double explosion cataclysmique survenue à Beyrouth a fait secouer des pays et des consciences, leur conscience à eux clignotait avec le curseur des gains et des profits.

Pleurer le Liban !
Sincérité et fausseté y sont mêlés. L’appel aux aides est devenu l’ère du temps pour secourir des familles entières, un pays en naufrage !
Et c’est là que s’est nichée encore une nouvelle forme d’escroquerie à la libanaise.
Profitant de l’apocalypse et des dons des Etats, certains se sont créés des marchés parallèles pour s’offrir de fausse parure, une imitation vulgaire de l’aide humanitaire, et pour se faire une santé financière.

Profitant de leur renommée et de leurs réseaux, faisant la promotion de fausses personnes, ils avancent en binôme, alliance née entre voyous de l’extérieur et de l’intérieur. C’est leur mode de vanter le Liban avec leurs larmes de crocodile.

Plus de deux ans après cette date du 4 août 2020, quel est le bilan ?
Heureusement, des lueurs d’espoirs et d’honnêteté continuent à briller dans cette noirceur.
Tout n’a pas été volé et on peut encore faire confiance à des personnes honnêtes et dignes de ce travail humanitaire.

Plus que jamais, il faudra poursuivre et se retrousser les manches pour donner espoir de survie. Et si « les petites gouttes font les grandes rivières », il faudra encore et encore poursuivre nos convictions envers nous-mêmes et envers l’autre.

Mais il faudra oser vouloir nettoyer autour de nous, démasquer les vrais des faux, prendre notre courage à deux mains et dénoncer les voleurs et les escrocs.
C’est en s’opposant à toute malhonnêteté qu’on peut aider le Liban et c’est là, la priorité.

Mon pays natal suffirait à lui-même si l’on lui rendait ce qu’il lui a été volé et transféré hors frontières.
Mon pays natal, où la fierté de son peuple a été éclaboussée, souillée et violée, pourrait bien se relever alors.

Si l’on se sent démunis face à ces infâmes, nous pouvons au moins, à notre échelle, les dénoncer même si leurs gains nous semblent petits ou dérisoires. A leurs yeux, il n’y a pas de petits gains et à nos yeux il ne devrait pas y avoir de petits vols. Ces derniers peuvent entraîner de lourdes peines ; « qui vole un œuf vole un bœuf ».

Ces âmes naines dans leur état d’esprit et gigantesques dans leur individualisme ne s’arrêteront pas tant qu’il n’y aura pas barrage et dénonciation et ça commence à petites échelles.
C’est ainsi qu’ils ont débuté, en trompant leur entourage.
Ne pas les pointer du doigt nous rend complice de leur escroquerie.

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Jinane Chaker-Sultani Milelli est une éditrice et auteur franco-libanaise. Née à Beyrouth, Jinane Chaker-Sultani Milelli a fait ses études supérieures en France. Sociologue de formation [pédagogie et sciences de l’éducation] et titulaire d’un doctorat PHD [janvier 1990], en Anthropologie, Ethnologie politique et Sciences des Religions, elle s’oriente vers le management stratégique des ressources humaines [diplôme d’ingénieur et doctorat 3e cycle en 1994] puis s’affirme dans la méthodologie de prise de décision en management par construction de projet [1998].

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